L-E. LE LAY (France Télévisions) : «Nous avons une grande expérience pour gérer des événements sportifs complexes»

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Du 4 au 20 février et du 4 au 13 mars sur France Télévisions se met respectivement aux couleurs des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Pékin 2022. Des événements structurels qui nécessitent des moyens humains et techniques pour faire rayonner les sports olympiques en direct. Près de 360 heures de diffusion sont prévues à la fois sur France 2 et France 3. Entretien avec Laurent-Éric LE LAY, Directeur des Sports de France Télévisions qui vient de nous détailler les enjeux d’un tel événement.

Considérez-vous les JO d’hiver de Pékin 2022 comme un événement structurel pour France Télévisions ?

Absolument ! Les Jeux Olympiques s’imposent comme des événements que l’on attend avec impatience. Nous sommes très heureux d’apporter notre savoir-faire afin de faire rayonner les sports olympiques auprès de tous les Français. Ces JO d’hiver de Pékin ont d’ailleurs une saveur particulière puisqu’ils vont précéder les Jeux Olympiques de Paris 2024. 

Les JO d’hiver et d’été ont-ils autant d’impact en audience ?

C’est toujours assez difficile de comparer les deux compétitions. D’abord, parce que ce ne sont pas les mêmes périodes. Ensuite, parce qu’il y a un peu moins de disciplines l’hiver que l’été. Traditionnellement, dans certains pays, les JO d’hiver sont un peu moins forts en audience. En revanche, dans d’autres territoires comme la Suisse ou l’Autriche, c’est l’inverse. En France, les scores sont assez équivalents. Nous avons la chance d’avoir des athlètes français qui peuvent obtenir des médailles, et qui l’ont prouvé par le passé. La France, c’est aussi le pays de Jean-Claude Killy, triple champion olympique de ski alpin en 1968, qui a construit sa légende sur les Jeux Olympiques, et qui est dans la mémoire collective parmi les sportifs français iconiques. 

Quel est le déploiement technique et éditorial de France Télévisions sur les JO d’hiver ?  

Il est très important de montrer que France Télévisions est à la hauteur de l’événement. On ne peut se permettre de diffuser de manière «cut» les compétitions les unes après les autres. Nous devons y apporter une valeur ajoutée éditoriale extrêmement forte. La première étape est d’accompagner le téléspectateur. Nous le faisons à l’aide d’un plateau animé par plusieurs présentateurs dont Laurent Luyat. Il a vocation à conduire le public d’un événement à l’autre, à lui raconter ce qui se passe, et potentiellement revenir sur ce qui s’est passé. Avec le décalage horaire, les JO de Pékin démarrent dès 2 heures et demie du matin. Notre plateau central donne la possibilité d’accueillir des invités, notamment des sportifs, coachs, accompagnants et entraîneurs, pour nous partager leur vécu. Au niveau des commentaires, nous travaillons avec nos journalistes et un ensemble de consultants qui – par leur expertise – font partager leur passion du sport aux Français. Il est toujours très important de rappeler les règles et les enjeux de chaque discipline dans leur subtilité : biathlon, course de ski de fond, saut à ski, etc. Enfin, il est essentiel de faire preuve de pédagogie pour expliquer ce que les athlètes réussissent à faire (ou pas), savoir mettre en valeur leur progression. 

Quels sont vos effectifs humains sur les JO ?

Nous dépêchons un peu plus d’une centaine de personnes sur place à Pékin, et nous mobilisons une centaine de personnes à Paris. Sur place, il s’agit principalement de l’équipe éditoriale, accompagnée de quelques techniciens pour faire fonctionner le studio immersif sur fond vert. Toute la technologie de réalité virtuelle et la réalisation sont, quant à elles, pilotées depuis Paris.

Les JO de Paris 2024 est la prochaine grande échéance. Prenez-vous déjà des notes ?

Bien sûr ! En termes d’organisation, nous avons une grande expérience à France Télévisions pour gérer des événements complexes destinés à la télévision. Nous avons un vrai savoir-faire qui s’est construit sur de multiples olympiades. Bien évidemment, Paris 2024 sera à une échelle au-dessus. Nous emmagasinons de l’expérience, et on se donne des idées pour la prochaine échéance. Par exemple, le studio virtuel que nous proposons à Pékin a déjà beaucoup évolué par rapport à celui de Tokyo. Pour celui de Paris 2024, des réflexions sont en cours. Il y a plein d’idées possibles : être à la Tour Eiffel, avec les athlètes au Village Olympique,… Nous aurons une ambition décuplée pour les Jeux de Paris.

En attendant, quels seront les temps forts de 2022 ?

Ils sont nombreux. Il y a d’abord les rendez-vous traditionnels : le Tournoi des VI Nations, les Finales du Top 14, de la Coupe de France, Roland Garros. D’ailleurs, au vu des très belles performances d’Alizé Cornet et de Gaël Monfils à l’Open d’Australie, nous aurons sûrement de belles histoires à raconter avec les Français. Le Tour de France hommes va démarrer depuis le Danemark. S’enchaîne ensuite le Tour de France femmes, une grande première, qui durera une semaine. Sans oublier, le Championnat du monde d’athlétisme qui a lieu sur la côte ouest des États-Unis dans l’Oregon. C’est d’autant plus important que nous serons deux ans avant les JO de Paris. Juste après ces événements, nous enchaînerons en août 2022 avec les Championnat d’Europe de plusieurs disciplines olympiques : natation, athlétisme, …

Où en est votre ambition digitale ?

Elle est toujours très forte ! Pendant les JO d’hiver, nous éditons «Beijing 2022 h24» notre chaîne olympique sur France.tv qui nous permet de diffuser des disciplines en direct (450 heures), en complément de ce que nous proposons sur France 2 et France 3. Ce sera l’occasion, quand le direct est terminé, de revoir toutes les finales et les moments importants de la journée. Notre ambition numérique s’exprimera aussi sur Roland Garros avec la diffusion de tous les courts. Nous éditerons une chaîne digitale spéciale pour le tennis fauteuil. Comme vous le voyez, nous utilisons le numérique pour en proposer davantage, à tous !