La série policière française «Braquo» en tournage pour une saison 4

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Caplan, le chef du groupe SDPJ92, et ses acolytes de «Braquo» ont repris du service pour le tournage de la 4e saison de cette série policière française culte, la 1ère récompensée par un Emmy Award. Et cette fois encore, «ça ne rigole pas!». 

Dans cette nouvelle saison, écrite comme les 2 précédentes par Abdel Raouf Dafri (scénariste du «Prophète» de Jacques Audiard), Eddy Caplan (Jean-Hughes Anglade), Walter Morlighem (Joseph Malerba) et Roxanne (Karole Rocher), les 3 flics de la Sous-Direction de la Police Judiciaire 92 (SDPJ92), sont cette fois aux prises avec le grand banditisme international. Un nouveau pas dans l’expérience de la violence. «On voulait sortir de la petite délinquance classique de «Braquo» ou même (de la série) «Engrenages» qui commençaient d’ailleurs à se ressembler», explique le producteur Claude Chelli, alors que se déroule le tournage d’une fusillade sur une terrasse de café ensoleillée, à Sceaux, en banlieue parisienne. «Dans la saison 4, on descend à Marseille et l’on traite du grand banditisme, complètement phagocyté par des petites frappes incontrôlables», ajoute-t-il. Le tournage a débuté en février dans le Midi et se poursuivra jusqu’au 12 juin à Paris, pour une sortie prévue fin 2015. Créée en 2009 par Olivier Marchal, réalisateur de la 1ère saison pour Canal +, et coproduite par Capa Drama, «Braquo», qui raconte la vie d’une équipe de la PJ des Hauts-de-Seine, a été vendue dans 70 pays et sa 2ème saison récompensée en 2012 par un Emmy Award. Encore plus sombre, encore plus nerveuse, cette nouvelle saison est une réflexion sur la violence et le tissu de la criminalité française qui est partout et que l’on ne soupçonne pas, souligne Abdel Raouf Dafri sans rien dévoiler du scénario, ménageant le suspens. Les organisations criminelles auxquelles ses héros vont se frotter sont «des gens qui ne rigolent pas», souligne Claude Chelli, «et ils en ignorent les codes». Le commissaire divisionnaire Jean-Marc Souvira, patron de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et également romancier, a été le consultant d’Abdel Raouf Dafri. «Il m’a beaucoup aidé pour la construction de l’arche narrative des huit épisodes», précise l’auteur. Les comédiens ont aussi «travaillé avec des flics», explique Xavier Palud, le réalisateur des six premiers épisodes, qui aborde toutes les scènes en parlant avec les acteurs. 

Jean-Hughes Anglade, qui incarne Caplan, flic intègre et solitaire, chef d’un groupe dont les membres sont bien plus que des partenaires les uns pour les autres, ne cache pas que son personnage lui «fout la pétoche». «Caplan véhicule de telles qualités, une telle opacité, c’est un personnage qui vit aux crochets des autres, il est seul au monde, le groupe est toute sa vie», souligne-t-il. 

Les épisodes 7 et 8, déjà écrits, seront réalisés par Frédéric Jardin. Philippine Leroy-Beaulieu jouera le rôle surprenant d’une belle bourgeoise de 50 ans, épouse d’un truand. «C’est une série très difficile à écrire, car elle n’a pas la trame toute tracée d’une énigme policière à résoudre, toutes les saisons sont reliées», dit Claude Chelli, alors que se pose la question d’une éventuelle saison 5. Le fait est que «nous avons tous la trouille de faire la saison de trop», admet Abdel Raouf Dafri. Joseph Malerba, lui, dit son attachement à «Braquo» et envisage avec peine «l’arrêt de cette formidable machine».