Le gouvernement ouvre la porte à un éventuel prolongement de France 4

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Le gouvernement a ouvert la porte à un éventuel prolongement de France 4, la chaîne jeunesse de France Télévisions qui devait disparaître cet été mais dont l’utilité en cette période de confinement a été saluée par plusieurs élus. «J’ai demandé à Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, de nous dire quel serait le pacte d’engagement pour la jeunesse et les contenus éducatifs si France 4 était éteint au mois d’août ou, s’il devait y avoir une décision différente, quelle pourrait être la grille si France 4 était maintenue», a indiqué le ministre de la Culture Franck Riester sur France Inter, précisant qu’aucune «décision définitive» ne serait prise avant la réponse du groupe d’audiovisuel public. «Nous avons vu a quel point France 4 a été réactif dans la crise et a permis d’offrir des contenus très pertinents», a-t-il salué quelques heures plus tard lors d’une audition devant des sénateurs, leur indiquant qu’il reviendrait «dans les semaines qui viennent» leur donner la «décision définitive» du gouvernement  France Télévisions a indiqué avoir «pris acte» de cette demande du ministre et proposera «dans les jours qui viennent» un plan pour France 4. «Excellente nouvelle», a salué sur Twitter Pascal Rogard, directeur général de la Société des acteurs et compositeurs dramatiques (SACD) qui réclamait avec le SPFA (Syndicat des producteurs de films d’animation) un moratoire de deux ans sur la fermeture de la chaîne. Depuis le début du confinement, la chaîne France 4 propose tous les jours de la semaine «La maison Lumni», des cours enregistrés et dispensés par des enseignants du primaire, du collège et du lycée. L’émission a été suivie par plus d’1 million de téléspectateurs en moyenne en mars pour la version école primaire, soit 16% de part d’audience, et plus de 500.000 pour la version collège (6% de pda), selon Médiamétrie. Un succès salué par la direction de France Télévision, selon des propos rapportés par le syndicat FO du groupe public : «unanimement les administrateurs (de) France Télé ont reconnu l’utilité pour le service public de France Ô et France 4». Delphine Ernotte a toutefois précisé que la décision de les maintenir ou non appartenait au gouvernement, selon la sénatrice Catherine Morin-Desailly (centriste), qui a souligné que «depuis le début du confinement, cette chaîne a été utilisée de façon remarquable». La chaîne, qui a fêté ses 15 ans cette année, devait s’arrêter le 9 août en même temps que France O, une décision prise en 2018 par la ministre de la Culture de l’époque, Françoise Nyssen, au nom d’une accélération des investissements dans le numérique. Plusieurs députés LREM ont réclamé ces derniers jours le maintien de la chaîne. «France 4 a été capable de bousculer sa programmation, de créer de nouveaux programmes et d’attirer une audience forte», a souligné la députée et porte-parole LREM Aurore Bergé. «Un moratoire d’au moins un an est nécessaire», avait estimé le président de la commission des Affaires culturelles Bruno Studer, espérant même la pérennisation de la chaîne. «Il n’est pas imaginable que France 4 s’éteigne le 9 août». «La fermeture de France 4 est une aberration, et cette crise sanitaire nous le prouve. Nous avons définitivement besoin d’une chaîne dédiée à la jeunesse», avait pour sa part souligné la députée Frédérique Dumas (Libertés et Territoires), qui s’oppose depuis le début à la fermeture de la chaîne.Et alors que les grilles de France Télévision seront chamboulées par le bouleversement du calendrier sportif, avec le Tour de France décalé à la rentrée (29 août au 20 septembre) comme le tournoi de Roland-Garros (du 20 septembre au 14), conserver France 4 ou France Ô permettrait au groupe de pouvoir basculer entre ses différentes antennes comme il le fait habituellement, lui évitant un trop grand télescopage avec ses programmes de rentrée.