Le groupe de télécoms espagnol Telefónica a revu en baisse son plan social

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People visit the stand of Spanish company Telefonica at the Mobile World Congress (MWC), the telecom industry's biggest annual gathering, in Barcelona on February 27, 2023. (Photo by Pau BARRENA / AFP)

Le groupe de télécoms espagnol Telefónica a revu en baisse son plan social, qui touchera près de 3.400 salariés parmi les 16.500 du groupe en Espagne, au lieu des 5.100 initialement prévus, ont indiqué ce jeudi des sources syndicales.

Ces suppressions de postes, arrêtées dans le cadre d’un accord auquel les syndicats ont donné leur feu vert, concerneront les salariés espagnols nés avant 1968, qui pourront toucher jusqu’à 68% de leur salaire, ont précisé ces sources.

Cette «nouvelle proposition, présentée aujourd’hui (jeudi) par l’entreprise», marque un «progrès significatif» par rapport au projet initial de l’opérateur espagnol, a estimé dans un communiqué le syndicat UGT, qui précise avoir donné son «accord de principe» à la direction.

«Au cours des négociations, toutes les parties se sont efforcées de limiter l’impact» des suppressions de postes, ce qui a permis de réduire «de plus de 1.500» le nombre de personnes concernées par le plan social, a insisté de son côté le syndicat Sumados-Fetico.

Le géant des télécoms, présent dans 12 pays, dont le Brésil, l’Allemagne et le Royaume-Uni, avait indiqué début décembre viser 5.124 suppressions de postes, soit un tiers de ses effectifs en Espagne.

Ce chiffre avait alors été jugé trop élevé par les syndicats. L’opérateur historique espagnol a justifié son plan social par l’évolution de son activité – le remplacement du réseau en cuivre par la fibre optique ayant réduit ces dernières années ses besoins de main-d’oeuvre -, mais aussi par sa situation financière.

Le groupe espagnol est, en effet, confronté à un lourd endettement, qui suscite des inquiétudes en raison de la remontée des taux d’intérêt. Il fait par ailleurs face à une concurrence croissante depuis qu’Orange et MasMovil ont annoncé un accord de fusion de leurs activités en Espagne.

L’accord trouvé ce jeudi 21 décembre avec les syndicats survient deux jours après l’annonce du retour au capital de l’entreprise de l’État espagnol, qui va acquérir une participation de 10% pour un montant de près de 2,1 milliards d’euros via la Société publiques des participations industrielles (SEPI).

Cette opération, qui fera de l’État espagnol le premier actionnaire de Telefónica, doit permettre de limiter l’influence du groupe semi-public saoudien STC, qui avait annoncé début septembre l’acquisition de 9,9% du géant téléphonique ibérique (4,9% en actions et 5% en produits dérivés).