Le quotidien régional «La Nouvelle République» porte plainte pour menaces après la publication d’une caricature de Mahomet

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Le quotidien régional «La Nouvelle République» du Centre-Ouest a porté plainte pour menaces après avoir reçu plusieurs messages haineux suite à la publication d’une caricature de Mahomet dimanche, a-t-on appris ce mercredi 21 octobre auprès du journal et du parquet de Châteauroux.

L’enquête, qui fait «suite à des commentaires envoyés sur la page Facebook de l’antenne locale» de l’Indre, a été confiée au SRPJ de Limoges, a précisé le parquet.

Dimanche, le journal, sous la bannière «Innommable!», avait réagi à la décapitation de l’enseignant Samuel Paty en reproduisant en Une la célèbre couverture de «Charlie Hebdo» «Mahomet débordé par les intégristes».

Dans cette Une de l’hebdomadaire satirique, initialement publiée en février 2006, le prophète, caricaturé par Cabu, s’exclamait alors: «C’est dur d’être aimé par des cons». «C’était un choix fort, expliqué dans l’édito.

Ce n’était pas de la provocation, mais notre façon de dire stop à la barbarie, de rappeler les valeurs qui sont les nôtres», a expliqué  Christophe Hérigault, le directeur de la rédaction du quotidien, dont le siège se situe à Tours.

«Suite à cette parution, nous avons reçu 99,99% de messages de soutien et de satisfaction, mais aussi six posts menaçants sur les réseaux sociaux, dont les premiers sur nos pages Facebook de l’Indre. Par principe, nous avons décidé de déposer plainte pour «menaces» auprès du parquet de Châteauroux. Une enquête a été ouverte pour tenter d’identifier les auteurs», a-t-il précisé.

«Nos valeurs sont républicaines, humanistes, pour la liberté d’expression. Nous avons toujours été un journal respectueux des croyances et des spiritualités de chacun. Il était important de le rappeler à cette occasion», a ajouté le dirigeant.

«C’était aussi une façon de dire à nos élus qu’il faut maintenant agir et probablement reconquérir des terrains qui sont oubliés et tout faire pour que cette haine insidieuse soit contrée. Il s’agissait également d’un hommage à Samuel Paty qui a fait courageusement son métier (…) pour périr dans des circonstances abominables», a insisté M. Hérigault.