Le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O dénonce «l’opacité» des algorithmes des réseaux sociaux

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Le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O dénonce dans une tribune «l’opacité» des algorithmes et de la modération des contenus des réseaux sociaux, alors que ces réseaux sont sur la sellette après l’assassinat du professeur d’histoire géo Samuel Paty.

«L’opacité du fonctionnement de leurs algorithmes et de leur modération est une aberration sociétale et démocratique», écrit le secrétaire d’Etat dans une tribune publiée sur Medium, une plateforme souvent utilisée par les acteurs de la tech pour publier leur point de vue.

«C’est pourquoi il est urgent que le législateur puisse assigner des obligations de moyens à ces plateformes qui leur imposent, sous la menace de sanctions extrêmement dissuasives et sous la supervision du régulateur, de mettre en place des dispositifs de modération à la hauteur de l’enjeu qu’elles représentent pour la société», écrit le secrétaire d’Etat.

«Il serait par ailleurs indispensable que toute la transparence soit faite à l’égard de la puissance publique quant aux principes régissant dans le détail les choix faits par leurs algorithmes de modération, qu’il s’agisse d’ailleurs de haine en ligne ou de diffusion de fausses informations», ajoute-t-il. Les réseaux sociaux sont accusés d’accélérer la propagation dans la société de contenus violents ou radicaux, en poussant chez les internautes les contenus qui génèrent le plus d’intérêt et d’interactions ou en ne parvenant pas à éliminer les contenus illicites. Mais ils gardent jalousement le secret autour du mode de fonctionnement de ces algorithmes, qui sont au coeur de leur métier, capter l’attention des utilisateurs pour les exposer à de la publicité. Selon Cédric O, la France milite au sein de l’Union européenne pour que la future législation européenne sur les services numériques (Digital services act) puisse «jeter les bases d’une véritable supervision des réseaux sociaux en matière de modération».

La Commission européenne devrait proposer cette future législation européenne en décembre. Dans sa tribune, Cédric O se déclare en revanche contre la fin de l’anonymat sur internet, réclamée par plusieurs responsables politiques. «Une obligation d’identification serait non seulement aisément contournable mais aussi juridiquement très incertaine», écrit-il.

Mardi, la ministre en charge de la citoyenneté Marlène Schiappa a appelé les réseaux sociaux à «prendre leurs responsabilités» face aux contenus haineux et au «cyber-islamisme», avant de recevoir les représentants français de Facebook, Google/YouTube, Twitter, Tiktok et Snapchat. Le Premier ministre Jean Castex a de son côté annoncé qu’il voulait créer un nouveau délit de «mise en danger par la publication de données personnelles» sur internet.