Le succès de «Squid Game» et «Parasite» est le résultat du patient labeur des cinéastes sud-coréens, estime la star de «Squid Game»

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Le succès planétaire de «Squid Game» et «Parasite» est le résultat du patient labeur des cinéastes sud-coréens qui ont su mettre en récit les thèmes universels de la violence et de la course à la performance, estime Lee Jung-jae, récemment auréolé de l’Emmy Award du meilleur acteur. «Nous sommes très heureux que cette oeuvre, qui n’est pas en anglais, ait pu toucher un public international», s’est félicité la star de «Squid Game» quelques jours après son triomphe aux Emmys. Le Sud-Coréen est entré dans l’histoire en devenant le 1er comédien non-anglophone à ravir la prestigieuse distinction pour son rôle dans cette série, devenue le programme le plus vu sur la plateforme de streaming Netflix. «Tout le monde en Corée du Sud est tellement heureux, je ne cesse de recevoir des messages de félicitations. A mon retour, je vais avoir une tonne d’interviews et de choses à faire !», a confié Lee Jung-jae, rencontré au Festival international du film de Toronto, plus grand rendez-vous du 7ème art en Amérique du Nord. «Squid Game» est une critique féroce du capitalisme, où 456 misérables et rebuts de la société s’affrontent au péril de leur vie pour remporter des millions dans des jeux d’enfants comme «un, deux, trois, soleil». Son triomphe aux Emmys fait suite au succès inattendu de «Parasite» qui avait remporté en 2020 l’Oscar du meilleur film, une performance rarissime pour une production non-anglophone. «Pendant longtemps, le cinéma sud-coréen essayait de trouver la recette pour toucher un public international. Ce travail de plusieurs années commence à payer, on voit maintenant beaucoup de contenu de grande qualité résonner à travers le monde et être salués par la critique», observe Lee Jung-jae. Véritable phénomène de société, «Squid Game» fera l’objet d’une 2de saison. Son réalisateur Hwang Dong-hyuk en termine la rédaction et selon M.Lee, qui se fait énigmatique, son personnage de Seong Gi-hun «sera complètement différent» dans cet opus. Mais avant que la folie «Squid Game» ne s’empare à nouveau des écrans de la planète, M. Lee fait ses débuts comme réalisateur avec «Hunt», son 1er long-métrage qu’il a présenté au Festival international du film de Toronto (TIFF). Ce film d’espionnage, campé pendant la Guerre froide, revient sur des événements politiques réels survenus en Corée du Sud dans les années 1980, tels que la tentative d’assassinat d’un président sud-coréen, ou la défection d’un pilote nord-coréen. Ce long-métrage partage certains thèmes avec «Squid Game», selon M. Lee, notamment comment «une société trop compétitive peut pousser les gens à se faire du mal entre eux». «Hunt» culmine déjà en tête du box-office en Corée du Sud. Il sera lancé dans les cinémas d’Amérique du Nord, et sur les plateformes de vidéo à la demande, le 2 décembre. Reste que les différences culturelles persistent et qu’il a fallu adapter «Hunt» pour conquérir les publics occidentaux, tant les 1ères critiques, lors de la présentation du film cet été au Festival de Cannes, pointaient une intrigue seulement compréhensible des Sud-Coréens. Mais pour M. Lee, cela ne doit pas faire oublier que désormais la culture sud-coréenne «est bien comprise à l’étranger», grâce à l’interconnexion technologique, du streaming aux jeux vidéo en passant par les réseaux sociaux. «En Corée du Sud, on regarde beaucoup de contenu de l’étranger, c’est très naturel pour nous», observe-t-il. «Le monde est beaucoup plus proche de nous désormais, et l’histoire particulière de la Corée du Sud n’est plus compliquée à comprendre pour un public étranger».