Les Echos confiés en portage au Crédit Agricole en cas de rachat par LVMH

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    Les Echos seraient confiés en portage à une filiale du Crédit Agricole en cas de rachat par LVMH, a révélé jeudi l’avocat des élus du comité d’entreprise (CE) des Echos lors d’une audience en référé. L’information a été confirmée après l’audience par l’avocat de LVMH.Le CE des Echos avait assigné son actionnaire Pearson et le groupe LVMH pour demander notamment la levée de la confidentialité sur la clause d’exclusivité signée entre Pearson et LVMH. La direction des Echos a autorisé le 6 septembre les élus du CE à prendre connaissance du contrat d’exclusivité signé avec LVMH «en échange d’un engagement de confidentialité», a expliqué l’avocat du CE, M. Brihi. Selon l’avocat, les élus ont à cette occasion découvert que des informations leur avaient été «dissimulées», notamment les conditions dans lesquelles aurait lieu la cession. D’après ce document, «Calyon, filiale du Crédit Agricole, va jouer le rôle de porteur pour LVMH», en cas d’acquisition des Echos, a-t-il expliqué. «Dans l’hypothèse d’un rachat des Echos par LVMH, une banque ferait le portage», a déclaré à la presse après l’audience l’avocat de LVMH, Me Prat. Le portage est un montage financier permettant à Pearson d’avoir un acheteur sûr, quelles que soient les conditions posées par les organismes réglementaires. Les autorités de la concurrence pourraient soulever des objections à ce que LVMH détienne à la fois Les Echos, numéro un de la presse économique, et la Tribune, numéro deux. LVMH envisage ainsi de céder La Tribune en cas de rachat des Echos. Dans ce cadre, Calyon pourrait être provisoirement l’actionnaire de référence des Echos. Selon Me Brihi, les élus du CE ont également découvert en lisant la clause d’exclusivité que «les engagements entre LVMH et Pearson ont été pris le 6 juin et le 11 juin», alors que la direction avait affirmé le 15 juin au CE qu’il ne s’agissait que de «rumeurs». La concertation avec les représentants du personnel a-t-elle été «loyale», s’est-il interrogé. Pour Pearson, Me Lagesse a plaidé que la direction avait été «transparente» et avait communiqué au CE «tous les éléments» relatifs au projet. La consultation «a joué à plein» et les négociations avec le CE «sur les garanties sociales et d’indépendance éditoriale ont eu une réelle influence sur le projet» d’acquisition par LVMH, a-t-elle ajouté.