Les rires enregistrés font leur grand retour avec la sitcom «Terminal» de Jamel Debbouze 

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On les croyait enterrés ou cantonnés aux rediffusions, Jamel Debbouze les a ressuscités : les rires en fond sonore, «musique» indissociable des sitcoms traditionnelles, font un retour inattendu dans «Terminal», série tournée en public selon les codes d’un genre délaissé en France depuis les années 2000. 

Comme dans la comédie hospitalière «H», qui a révélé l’humoriste il y a 25 ans, des spectateurs invisibles s’esclaffent quasiment à chaque réplique de Ramzy Bedia, Camille Chamoux ou encore Tristan Lopin, dans la peau d’employés d’une compagnie aérienne low-cost. 

De quoi déstabiliser quelques minutes, au premier visionnage, les téléspectateurs qui n’ont plus l’habitude de ce procédé tiré des «comédies de situations» (personnages et décors récurrents, tournage en présence de spectateurs) nées Outre-Atlantique à la fin des années 1940. 

«Il y a un petit temps d’adaptation, on le sait», concède Mohamed Hamidi, co-réalisateur de «Terminal». «On avait même envisagé l’idée de pas mettre de rires. Le problème, c’est qu’ils sont là, ils repassent dans les micros des comédiens, ce sont vraiment les rires du public, c’est compliqué de les enlever». «Il n’y a aucun rire qui a été enregistré, ce ne sont que des vrais vrais rires», a insisté Jamel Debbouze en amont de la projection de la série vendredi à Canneseries, même s’ils ont été «réédités», «diminués» ou «augmentés» au mixage, selon Mohamed Hamidi. 

Une précision qui s’impose, de nombreuses sitcoms, françaises comme américaines, recourant à des banques de rires prêts à l’emploi, rajoutés en post-production pour simuler un public. 

Cette pratique s’est répandue aux Etats-Unis dans les années 1950 avec l’essor des tournages sans public et l’invention de la «laff box» (boîte à rires) par un ingénieur du son, Charley Douglass, sollicité entre autres pour «Ma sorcière bien aimée». 

Elle a fait des émules dès les années 1980 et 1990 en France, où les sitcoms étaient rarement enregistrées en public, même si l’emblématique série d’Antenne 2 «Maguy» l’a été à ses débuts. 

«On montrait des extraits de séries à des gens, on enregistrait leur rires et on les répartissait aux endroits qui nous semblaient drôles», relate ainsi le producteur Jean-Luc Azoulay, à l’origine de l’invasion des sitcoms AB («Salut les musclés», «Hélène et les garçons») sur TF1. «Parfois, il