L’ex-baron de la presse Conrad Black devant la justice américaine

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    L’ex-baron de la presse, le Lord britannique Conrad Black, va pouvoir se défendre des accusations de détournements de fonds portées contre lui par la justice américaine, à l’occasion de son procès qui débute mercredi à Chicago. Dans ses belles années, ce fils de brasseur québécois, qui a renoncé à la citoyenneté canadienne pour siéger à la chambre des Lords britannique, était à la tête du troisième empire de presse au monde, incluant des titres comme le «Daily Telegraph» de Londres, le «National Post» au Canada, le «Jerusalem Post» et le «Chicago Sun-Times». Le patron déchu de 62 ans, qui clame son innocence, a plaidé non coupable en 2005 devant un tribunal de Chicago (nord) à huit chefs d’accusations pour détournements de plus de 80 millions de dollars entre 1999 et 2001. L’ancien dirigeant du groupe Hollinger, dont une filiale est basée aux Etats-Unis, et ses associés auraient notamment participé à un montage financier frauduleux lors de la vente d’actifs de Hollinger au groupe de presse canadien Canwest en 2000. Le procès aura tous les ingrédients des scandales financiers. Il y aura une cassette vidéo montrant Black chargeant 13 cartons de documents dans sa voiture, après que la Commission des opérations de bourse (SEC) lui eut notifié qu’une enquête avait été ouverte sur ses transactions. Il y aura les multiples cadeaux à sa femme qu’il est accusé d’avoir payés avec les fonds de son groupe: sacs à main, équipements de musculation, fête d’anniversaire, billets d’opéra, vacances à Bora Bora et remise à neuf d’une Rolls Royce.