Lycées : le portable interdit dès la rentrée

Lycées : le portable interdit dès la rentrée
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Le gouvernement français a confirmé lundi l’entrée en vigueur de l’interdiction du téléphone portable au lycée dès la rentrée, une mesure dont l’application pourrait toutefois s’avérer compliquée dans de nombreux établissements, faute de temps pour s’y préparer. Déjà en vigueur de la maternelle au collège depuis 2018, l’interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs face aux réseaux sociaux. Le président, Emmanuel Macron, a décidé de promulguer le texte bien que le Conseil constitutionnel ait censuré sa mesure phare interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l’établissement, notamment pour les élèves handicapés. Mais pour François Bonneau, président de la commission Éducation aux Régions de France, pour les élèves scolarisés dans les lycées, âgés de 15 ans jusqu’à 21 ans environ, «les réalités ne sont pas simples et il faut adapter les mesures».

«Les établissements ne sont pas prêts», estime François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, dénonçant un «mauvais timing». Une circulaire publiée le 2 juillet, assortie d’un vademecum, demandait aux lycées de se préparer à l’entrée en vigueur dès septembre de la mesure adoptée fin juillet par le Parlement. Mais pour appliquer l’interdiction, les établissements doivent modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, notamment le conseil d’administration, qui ne se réunissent pas pendant l’été. Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa, fait partie d’une minorité de chefs d’établissement qui a anticipé la mesure en intégrant à la toute fin de l’année scolaire dans le règlement intérieur l’interdiction du téléphone portable. Dans son lycée, le portable sera interdit à la rentrée dans les couloirs et les bâtiments, mais autorisé dans les espaces extérieurs. Selon elle, il faudra probablement près d’un an avant une mise en oeuvre pleinement effective dans l’ensemble des lycées. «C’est très difficile pour une communauté scolaire d’imposer une nouvelle règle aux jeunes. Même si la loi est censée s’imposer, ce n’est pas aussi simple. On ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque lycéen», souligne-t-elle.

Le vademecum transmis aux établissements prévoit une réponse «graduée, personnalisée et proportionnée» en cas d’infraction, «comme tout manquement à une règle au sein de l’établissement». Les sanctions pourront aller de la punition à la confiscation de l’appareil, voire à une procédure disciplinaire dans les cas les plus graves. Le texte autorise notamment des dérogations à l’interdiction du téléphone pour des «usages pédagogiques» ou des «usages nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement». «Peut-être qu’il aurait été bon que le ministère s’interroge sur la place du numérique dans l’enseignement», souligne Mme Andersen. «Il faut plutôt sensibiliser à l’usage du téléphone portable parce que ça fait partie du quotidien», avance de son côté Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL), qui dénonce une mesure «démagogique». Addiction aux réseaux sociaux, problèmes de sommeil, multiplication des fraudes lors des examens… «Il y a un vrai sujet sur l’utilisation de l’outil, mais ce n’est pas parce qu’on l’interdit au lycée qu’on va résoudre tous les problèmes», prévient Christelle Kauffmann.

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