M. BELGHITI (What’s Up Films) : « Avec «48 heures» sur France 5, nous traitons des fais divers de manière différente »

639

France 5 diffuse ce lundi en première partie de soirée la suite sa nouvelle série documentaire, «48 heures» qui s’immerge au cœur de la garde à vue. Détails et rencontre avec Matthieu BELGHITI, Producteur associé et gérant de What’s Up Films, la société en charge de cette production.

 

média+ : Créée en 2008, What’s Up Films est une société de production indépendante. Dans quoi vous êtes-vous spécialisé ? 

 

Matthieu BELGHITI : Cela fait longtemps que nous produisons des documentaires et des fictions dans des genres très différents. Nous avons toujours eu la ferme volonté de mettre en avant le point de vue des auteurs, la dramaturgie des écritures, la qualité des contenus. Nous privilégions des films assez politiques et engagés. C’est ce qui nous différencie. Notre travail, c’est avant tout de raconter des histoires.

 

Diffusée en Prime Time sur France 5, «48 heures» s’impose comme une série hybride au cœur de la garde à vue…

 

Ce qui me plaisait était de traiter les faits divers de manière différente. Chaque documentaire est un prototype. «48 heures» est une immersion au cœur de la garde à vue, ce huis clos où l’on ne pénètre jamais et où pourtant tout se joue. Nous avons volontairement codifié cette série de 6X52’. Nous voulions en faire un genre à part entière, une sorte de polar du réel en choisissant des partie pris. A ce titre, nous restons en huit-clos, en garde à vue avec des interviewés qui vous regardent dans les yeux sans avoir un regard caméra. Le tout avec un peu d’archives. Le plus gros de cette production s’est focalisé sur l’écriture et la préparation. A l’aide de procès-verbaux, de dossiers d’instructions, d’interviews des protagonistes, et de reconstitutions, cette série aborde des affaires jugées. Le budget avoisine les 120.000€/épisode. La deuxième saison est en discussion.

 

Le docu-fiction n’a jamais réussi à émerger. Pensez-vous avoir trouvé la bonne recette ?

 

Il y a eu un effet de mode du docu-fiction il y quelques années avant que cela retombe. Pour les unités documentaires, ce type de production est souvent plus couteux. Pour les unités fictions, cela ne s’inscrit pas dans leur culture.

 

Que préparez-vous spécifiquement en termes de fictions TV ?

 

Pour ARTE, nous venons de débuter le tournage de «Jeux d’influence» (6X52’), une fiction réalisée par mon associé, Jean-Xavier de Lestrade. La série parle des lobbys et de la politique sur un fond de scandale phytosanitaire. Cela fait trois ans que l’on travaille dessus. Au casting, Alix Poisson, Laurent Stocker de la Comédie-Française ou encore Jean-François Sivadier.

 

Et du côté des documentaires ?

 

Nous venons de terminer le montage des trois derniers épisodes de «Soupçons III», cette collection sur l’affaire judiciaire Michael Peterson. Nous espérons la livrer début 2018. La série est dans la lignée des deux précédentes saisons. A venir dans un autre genre, un film sur «Les Dassault, une affaire de famille», véritable dynastie intimement liée à l’histoire industrielle, politique et militaire de la France, qui ont su s’adapter aux relations étroites entre le pouvoir et l’argent au cours de trois générations. (Diffusion jeudi 14 décembre à 23h30 sur France 3).