M6/ «Zone interdite» : Ophélie Meunier attaque sa 8ème saison et le record de longévité à la tête de l’émission

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Présenter Zone interdite, «c’est un peu comme un mariage», sourit Ophélie Meunier, qui, à seulement 35 ans, bat le record de longévité à la tête de l’émission phare de M6 en attaquant sa huitième saison. «J’ai l’impression d’être arrivée hier, je n’ai pas vu ces 7 années passer», assure la journaliste avant le nouveau numéro du magazine de société dimanche. Il traitera d’un thème très grand public, la santé des enfants, à travers trois axes: les écrans, le manque d’activité physique et la malbouffe. «Les temps d’écran qui explosent et les temps d’activité qui diminuent, c’est un cocktail explosif pour nos enfants», juge Ophélie Meunier. Les constats dressés par l’émission risquent toutefois de ne pas tous faire consensus: la partie consacrée aux écrans fait une large part au docteur Anne-Lise Ducanda, décriée par nombre de spécialistes en raison de positions jugées trop alarmistes et pas étayées scientifiquement. Une autre intervenante, la psychologue Karine de Leusse, sera interrogée pour «apporter un 2ème regard», précise l’animatrice. Initialement présentée par Patrick de Carolis, Zone interdite a fêté ses 30 ans en mars. Ophélie Meunier en est devenue la 9ème présentatrice en 2016, à 28 ans, et est aujourd’hui celle qui est restée le plus longtemps à ce poste, devant Bernard de la Villardière (1998-2005). «Je suis toujours aussi épatée et épanouie», s’émerveille-t-elle. «Tous les 15 jours, on consacre une heure et demie à un sujet unique, qui a en moyenne été le travail d’une année d’enquête», ce qui permet «d’aller au bout des choses». Du haut de ses 30 ans, et avec son célèbre générique signé Michel Jonasz, Zone interdite est l’une des émissions de télévision les plus connues du public. Pour son animatrice, sa raison d’être est d’explorer «de grandes préoccupations de société, sans avoir peur d’aller parfois sur des terrains compliqués». Fin janvier 2022, un numéro sur la montée de l’islam radical, notamment à Roubaix dans le nord de la France, avait valu des menaces de mort à Ophélie Meunier, qui avait été placée sous protection policière. «Ce ne sera jamais effacé. Jamais je n’aurais imaginé la violence à laquelle j’ai été exposée, c’est un moment très particulier dans une vie professionnelle et personnelle», se souvient cette mère de deux jeunes enfants. «J’avais choisi de porter ce sujet, et à aucun moment on n’a regretté d’avoir fait ce qu’on a fait», ajoute-t-elle. Une enquête pénale avait été ouverte sur ces menaces de mort. Parallèlement, deux personnes interrogées dans l’émission avaient porté plainte, estimant avoir été manipulées. Ses sept ans à Zone interdite feraient presque oublier que le parcours d’Ophélie Meunier a été météorique. Ses débuts à la télé datent d’il y a dix ans, au «Petit journal» de Yann Barthès sur Canal+ en 2013. Et dans une 1ère vie, avant de s’orienter vers le journalisme, elle était mannequin. Elle en a gardé le physique, taille élancée et yeux bleu glacier. De quoi renvoyer une image très lisse de femme à qui tout réussit? «Je n’ai jamais cherché à enjoliver mon image, à la lisser», rétorque-t-elle. «Peut-être que je n’ai pas encore suffisamment eu l’occasion de montrer à quel point j’ai plein de failles, de défauts, et je ne suis pas contre l’idée de le faire!» Dans un milieu de la télé fréquemment taxé de sexisme, «j’ai compris à mes débuts qu’il allait falloir bosser plus que les autres», dit-elle. «Il fallait montrer qu’il y avait un cerveau qui méritait sa place. Ça fait partie de mon histoire, et j’ose espérer que ça n’est plus un sujet», poursuit-elle, avant de glisser dans un sourire: «Entre la fille du premier Petit journal et celle d’aujourd’hui, il y a un décalage colossal, donc ça veut dire qu’il y a eu du progrès!»