Médias : le nouveau président algérien veut une loi criminalisant les «discours de haine»

243

Le nouveau président algérien Abdelmadjid Tebboune veut une loi criminalisant les «discours de haine» qui ont proliféré ces derniers mois, notamment sur les réseaux sociaux, selon un communiqué de la présidence diffusé lundi. M. Tebboune a demandé à son Premier ministre, Abdelaziz Djerad d’élaborer un projet de loi «criminalisant toutes formes de racisme (…) et du discours de la haine dans le pays», selon ce communiqué diffusé par l’agence officielle APS.Ces derniers mois, les réseaux sociaux en Algérie sont devenus un terrain d’expression qui laisse libre cours à des propos extrémistes ou/et grossiers, sur fond de situation politique tendue. C’est sur les réseaux sociaux qu’est né le Hirak, mouvement de contestation populaire inédit et pacifique, qui a forcé le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner en avril après 20 ans à la tête de l’Etat. Mais les débats se sont violemment envenimés à l’approche de l’élection présidentielle organisée par le pouvoir le 12 décembre, massivement rejetée par la contestation, entre pro et anti-régime. L’initiative présidentielle «intervient après avoir constaté une recrudescence du discours de la haine et de l’incitation à la «fitna» (discorde)», selon le communiqué présidentiel. Cette loi permettrait «de faire face à ceux qui exploitent la liberté et le caractère pacifique du «Hirak» en brandissant «des slogans portant atteinte à la cohésion nationale», souligne le texte. Près d’un an après le déclenchement du «Hirak», mouvement populaire de contestation du régime inédit, les opposants continuent d’exiger le démantèlement du «système» et le départ de ses représentants au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962.