Un syndicat minoritaire a demandé mardi devant un tribunal de Barcelone l’annulation du licenciement en 2025 de quelque 2.000 modérateurs de contenu d’un sous-traitant de Meta, qu’il attribue à une mesure de «représailles», l’employeur évoquant de son côté une mesure purement économique. L’action en justice, engagée par le syndicat Fuerza Independiente y Sindical de Trabajadores (Fist), vise notamment la société canadienne Telus International, qui opérait en Espagne par l’intermédiaire de sa filiale CCC Barcelona Digital Services, ainsi que Meta, maison-mère de Facebook et Instagram. Les modérateurs de CCC Barcelona Digital Services, qui examinaient des contenus en espagnol, catalan, français, néerlandais, hébreu et portugais, avaient été informés de cette procédure de licenciement collectif en avril 2025, leur employeur la justifiant par la fin du contrat avec Meta. Au final, 2.062 salariés ont été licenciés et ont perçu les indemnités négociées avec les principaux syndicats, parmi lesquels ne figure pas le Fist. Les plaignants estiment toutefois que ce motif n’est pas le véritable, et affirment que Telus continue à fournir ces services depuis d’autres sites en Europe. Selon leur plainte, les entreprises ont décidé de mettre fin à leur activité à Barcelone en 2025 et de licencier quelque 2.000 modérateurs de contenu «en représailles et en réaction à l’exercice des droits fondamentaux des travailleurs». Selon la requête, plus de la moitié des salariés licenciés avaient engagé des actions en justice dénonçant une supposée «discrimination salariale» fondée sur la langue et l’origine, les rémunérations des modérateurs variant selon leur langue de travail. A cela se seraient ajoutées, selon le syndicat, plusieurs procédures engagées par des employés dénonçant les dommages psychologiques causés par l’exposition répétée à des contenus violents. Lors de l’audience, les avocates de la défense ont toutefois soutenu une nouvelle fois qu’il s’agissait uniquement d’une décision à caractère économique, prise par CCC après que son client Meta lui eut notifié la résiliation du contrat concernant Barcelone. «La relation entre Meta et CCC est purement commerciale», a affirmé durant l’audience Paula Talavera, avocate de la filiale irlandaise de Meta, réfutant l’idée d’un «réseau de sociétés» avancée par le Fist pour désigner le lien entre les deux entités. Les plaignants demandent que les licenciements soient déclarés nuls et que les salariés soient réintégrés. La date de la décision n’a pas été communiquée.



































