Une compétition qui ne fait (presque) pas de place aux femmes, les retrouvailles d’un groupe de rock britannique de légende et pour le moment un festival épargné par les polémiques politiques : voici cinq choses à retenir à mi-parcours de la 83e Mostra de Venise.
– La parité attendra : Avec deux réalisatrices seulement en compétition pour 21 films, la Mostra de Venise a fait l’objet de vives critiques de la part de plusieurs femmes cinéastes. La 1ère à s’indigner a été la présidente du jury Maggie Gyllenhaal. «Je suppose qu’il est désormais clair une bonne fois pour toutes que les hommes font de meilleurs films que les femmes», a ironisé au cours de la conférence de presse d’ouverture de la Mostra cette actrice et réalisatrice américaine. Le directeur artistique du festival Alberto Barbera avait en effet déclaré dans une interview que moins d’un quart des films présentés à son comité de sélection avaient été réalisés par des femmes mais aussi que la qualité de ceux-ci ne permettaient pas une programmation en compétition. May el-Toukhy, l’une des deux seules réalisatrices en lice pour le Lion d’or, a dénoncé un problème structurel. «Il a été très difficile de faire mon 1er film alors que mes confrères masculins ont été beaucoup plus rapides», a raconté cette cinéaste égypto-danoise. Son film «Woman Unknown» aborde justement la question de l’emprise des hommes sur le corps des femmes. L’absence de regard féminin a également courroucé l’actrice italienne Jasmine Trinca, à l’affiche du dernier film de Nanni Moretti.
– Le rock britannique supplante Hollywood : En l’absence des grosses productions américaines et de stars de 1er plan – à l’exception de Robert Pattinson -, ce sont deux frères de Manchester qui ont électrisé le Lido au cours du week-end. Sur place samedi pour présenter en avant-première «Oasis : Don’t Look Back in Anger», un documentaire sur la tournée mondiale de ce groupe britannique en 2025, les frères Gallagher ont créé l’évènement à Venise. Le film montre comment Noel et Liam Gallagher ont enterré l’une des plus célèbres querelles de l’histoire du rock moderne pour remonter ensemble sur scène. Complices sur le tapis rouge, les deux frères ont été accueillis par de nombreux fans qui ont attendu toute la journée de samedi dans une chaleur moite pour apercevoir leurs idoles. Le documentaire, qui sort le 9 septembre, s’inscrit dans une tendance qui voit de grands artistes sortir des films très contrôlés sur grand écran autour de leurs tournées afin de permettre aux fans qui n’ont pas obtenu de billets d’avoir une autre vision des concerts.
– Pas de polémiques… pour l’instant: La Mostra a été épargnée par les controverses politiques pour le moment mais la 2de partie du festival pourrait être plus animée. La projection mercredi du film russe «Dau», du réalisateur Ilya Khrzhanovsky, sera scrutée. Le ministère ukrainien de la Culture a dénoncé un projet financé et soutenu par des proches du Kremlin, ce que son réalisateur, qui a renoncé à la nationalité russe en 2024, conteste. Jeudi, le documentaire israélien «NAZA» sur les systèmes utilisés par l’armée israélienne pour bombarder la bande de Gaza devrait aussi créer l’évènement.
– L’IA fascine et inquiète : L’IA est un outil «extraordinaire, extrêmement puissant et révolutionnaire», a estimé le directeur de la Mostra Alberto Barbera. Il a d’ailleurs programmé le documentaire «Be Brave», consacré à Renzo Rosso, le fondateur de la marque de jeans Diesel, qui a été entièrement réalisé grâce à l’IA. La présidente du jury Maggie Gyllenhaal, qui présente également un court-métrage sur Marilyn Monroe pendant la Mostra, a en revanche décidé de renoncer à utiliser cet outil pour son film après l’avoir envisagé. «Fondamentalement, cela n’a pas fonctionné», a-t-elle confié. «Beaucoup de gens vont être remplacés (à cause de cette technologie), pas seulement les acteurs : les membres des équipes techniques, les superviseurs des effets visuels», a de son côté anticipé George Clooney.


































