N. BECHT (Bayard Jeunesse) : « Notre mission est d’être un passeur de connaissances et un raconteur de bonnes histoires »

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Au fil des années, Bayard Jeunesse est devenu un acteur multicanal…

Notre histoire est née en 1966 avec la presse, et nous avons ensuite fondé assez vite une maison d’édition pour nous diversifier quelques années tard à travers l’audiovisuel, la vidéo, l’interactif, le livre numérique et aujourd’hui l’audio. Notre mission est d’être un passeur de connaissances et un raconteur de bonnes histoires, quel que soit le support et le média. C’est ce qui explique la diversification que nous avons pu opérer.

Une appétence pour l’audio qui se mesure avec plus de 20 millions d’écoutes cumulées sur vos podcasts ?

C’est un vrai succès ! Le podcast est un nouveau territoire d’expression qui nous permet d’appréhender notre métier différemment. L’audio accompagne Bayard Jeunesse et certains titres de presse depuis une vingtaine d’années. «Mes Premiers J’aime Lire», un titre d’apprentissage de la lecture, a toujours été accompagné d’audio (avec un CD à l’époque). C’est le cas aussi de «J’aime Lire», «Les Belles Histoires». L’audio est un usage qui s’est beaucoup développé à la fois chez l’enfant et l’adulte.

Vous faites de l’écoute conjointe…

Oui, cela fait partie de notre ADN. Nous nous adressons aux enfants d’abord, et à la famille. Il y a aussi beaucoup d’écoutes conjointes sur la consommation de nos audios en mobilité. Avec «La grande histoire de Pomme d’api» et «24 histoires pour attendre Noël» à destination des 3-7 ans, «Pomme d’api» s’est placé au 17ème rang des podcasts les plus écoutés en France et au 3ème rang dans la catégorie «Famille».

Quel type de podcasts souhaitez-vous produire ?

 Fiction, documentaire, actu à hauteur d’enfants, sciences… Nous faisons le pari d’aventures sonores adaptées à chaque tranche d’âge, qui vivent au-delà des magazines, et continuent d’ouvrir les enfants au monde qui les entoure. Les équipes éditoriales des magazines prouvent, une fois encore, leur capacité à informer, faire rêver et éveiller la curiosité des enfants. Nos derniers podcasts sont un peu plus orientés vers le documentaire et la découverte de l’actualité avec un décryptage journalistique.

Certains de vos programmes sont-ils produits avec des partenaires ?  

Tout-à-fait ! C’est le cas de «Curieux de sciences», lancé en septembre dernier par le mensuel «Images doc» avec le Muséum national d’histoire naturelle (déjà plus de 80.000 écoutes cumulées), ou «Salut l’info !», le podcast d’actualité pour les 7-12 ans coproduit par le bimensuel «Astrapi» et franceinfo.

Et face à l’usage des écrans qui évoluent chez les enfants ?

On se positionne partout où les enfants sont. D’où notre développement sur la vidéo : jeux, tutos et documentaires interactifs. Nous avons une filiale de production audiovisuelle : Bayard Animation. Depuis sa création en 2002, elle a produit une dizaine de séries animées adaptées des héros Bayard de «Petit Ours Brun» à «Zouk», en passant par «Samsam», «Polo» et «Tom-Tom et Nana». A travers notre plateforme ludo-éducative Bayam, nous diffusons des formats web plus courts. Grâce à nos documentaires interactifs, ateliers créatifs et jeux, l’enfant devient actif et apprend en s’amusant. Enfin, nous avons aussi un certain nombre de chaînes YouTube dont la plus suivie est «Petit Ours Brun» (993.000 abonnés, ndlr).

Quel sillon creusez-vous en 2023 ?

Premier éditeur français pour la jeunesse, Bayard Jeunesse édite aujourd’hui 21 magazines. Leader aussi sur la BD jeunesse, nous avons des positions print très établies. A côté de cela, nous mettons beaucoup d’énergie sur le numérique et au-delà des frontières. Fin 2021, nous avons pris une participation majoritaire au sein de la société Edoki, éditeur français spécialisé dans le développement d’applications ludo-éducatives pour les enfants de 3 à 10 ans. Au sein de leur catalogue notamment, «La Maternelle Montessori», un succès dans le monde entier. En plus de développer les écritures et les usages numériques, nous renforçons aussi la partie en présentiel. Production de spectacles (avec «Petit Ours Brun» par exemple), colonies de vacances et ouverture d’escapes games. Dernier en date : une salle à Paris sur «Tom-Tom et Nana» qui vient rejoindre celle de «Anatole Latuile» l’un des héros présent dans «J’aime lire». Notre but est d’accompagner les enfants avec joie et confiance.