O. ALLEMAN (Campagnes TV) : «Nos téléspectateurs sont des CSP+ urbains»

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Olivier ALLEMAN, Directeur général délégué de Campagnes TV

Alors que le Salon International de l’Agriculture se tient du 25 février au 5 mars 2017 à Paris, la chaîne Campagnes TV, entièrement dédiée au monde rural et à ses problématiques, y pose ses valises. L’occasion de nous entretenir avec Olivier ALLEMAN, Directeur général délégué de Campagnes TV.

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Depuis sa création en 2013, Campagnes TV a-t-elle stabilisé son positionnement ?

Olivier ALLEMAN

Le curseur éditorial de Campagnes TV est resté stable. Il s’agit d’une chaîne recentrée sur la thématique «art de vivre» dans les territoires autour de problématiques liées aux produits, aux producteurs et aux terroirs. L’idée est de mettre en avant ces femmes et ces hommes qui innovent dans les territoires. Une grande partie de nos émissions en plateau a été remplacée au profit de programmes tournés sur le terrain. Quand nos téléspectateurs se branchent sur Campagnes TV, ils veulent voir du vert. La chaîne a fêté ses 4 ans le 15 janvier dernier avec un record d’audience. Nous enregistrons plus de 2,8 millions de téléspectateurs mensuellement en audience cumulée, selon la dernière vague de Médiamétrie (novembre-décembre 2016). Il s’agit d’une progression de 10% comparé au précédent intermédiaire.

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Comment avez-vous restructuré la grille de programmes de Campagnes TV?

Olivier ALLEMAN

Conformément aux promesses de la chaîne, Campagnes TV diffuse ses propres productions. C’est le cas de nos émissions phares : «Du champ au fourneau» dédiée à la transformation des produits, «Ma vie d’agricultrice» où l’on suit durant 1 an 10 agricultrices de 10 filières sur la réalité de leur métier. Nous avons aussi lancé la série documentaire «Pyrénées» dans lequel nous suivons des habitants qui participent à la vie de la montagne (berger, conducteur d’hélicoptère, meneur de chiens de traineaux,…). Le traitement éditorial est toujours très humain avec un montage moderne qui s’appuie sur des images en 4K captées, entre autres, à partir de drones. La partie documentaire représente près de 4 heures d’antenne hebdomadaires.

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Quelle est votre politique de délocalisation d’émissions ?

Olivier ALLEMAN

Toutes nos délocalisations doivent être légitimes : Salon de l’Agriculture à Paris, Foire de Châlons, Sommet de l’Elevage à Clermont-Ferrand, Salon international des Productions Animales à Rennes. Jusqu’au 5 mars 2017, opération spéciale au Salon de l’Agriculture avec 4h30 de direct par jour. Dans le cadre de notre émission, «Le Mag du Salon», nous faisons la part belle aux régions et aux départements avec des duplex dans les différents halls pour rencontrer à la fois les producteurs, les éleveurs médaillés du salon, et couvrir les animations culinaires et animales. Des invités nous accompagnent quotidiennement.

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Quel est votre business model ? votre budget ? Le profil du téléspectateur ? Votre distribution ?

Olivier ALLEMAN

Le modèle économique de Campagnes TV repose à la fois sur les redevances des opérateurs, les revenus publicitaires et le brand content. Nous coproduisons en effet des contenus éditoriaux avec certaines marques ou filiales agricoles. La chaîne dispose d’un budget annuel de 3 M€. Nos téléspectateurs sont des CSP+ urbains. Notre moyenne d’âge est de 61 ans. On constate une vraie appétence du public sur la recherche de week-ends à la campagne, de bons plans produits, d’hébergements liés aux territoires. La chaîne est distribuée par les principaux opérateurs : CANAL, Orange, Free, SFR, Bouygues, Numericable. Notre enjeu est de travailler sur la notoriété de la chaîne. Les taux de fidélisation et d’évolution du quart d’heure moyen sont intéressants. Quand la chaîne passera le cap de la 5ème année, la pérennité de Campagnes TV ne sera plus à prouver. Le potentiel digital de la chaîne est important. Pour le déployer, des moyens sont nécessaires.