O. AVARO (Blacknut) : «Nous désirons changer fondamentalement la façon de consommer les jeux vidéo»

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Olivier AVARO, Président-fondateur de Blacknut

Blacknut, le «Netflix du jeu vidéo» lance sa plateforme grand public de jeux vidéo en streaming multi-écrans en beta ouverte gratuite. Focus sur le business-model et le déploiement de cette activité en fort développement avec Olivier AVARO, Président-fondateur de Blacknut.

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Blacknut se présente comme le «Netflix du jeu vidéo». Est-ce un positionnement original dans ce secteur ?

Olivier AVARO

Créée en janvier 2016, Blacknut se revendique comme une plateforme de jeux vidéo en streaming par abonnement dédiée au grand public. Nous concevons, développons et commercialisons un service de distribution de jeux vidéo sur le cloud («cloudgaming») en B2C et B2B. Nous étions l’un des premiers à assoir ce positionnement sur le jeu vidéo à notre création, et cela commence à être utilisé par d’autres acteurs qui ont lancé leurs solutions en France. Même si ce n’est pas encore «mass market», les gens commencent à réaliser qu’il y a une autre manière de consommer le jeu au-delà de l’achat d’une console, des jeux en physique ou même du téléchargement. Avec Blacknut, on clique, on joue sans contraintes techniques, ni matérielles : un même jeu peut être commencé sur la TV, poursuivi sur ordinateur et terminé sur smartphone. Il n’y a pas besoin d’acheter de «hardware» onéreux. La plateforme est à tester gratuitement en beta jusqu’à sa commercialisation début 2018. Nous avons déjà plusieurs milliers de personnes inscrites.

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Quel est votre objectif ? Développer intensivement le jeux vidéo en streaming ?

Olivier AVARO

Complètement ! Le jeu vidéo reste encore cantonné à des personnes qui peuvent s’acheter du matériel assez cher. Blacknut se différencie déjà au niveau de l’offre tarifaire. Pour le prix de deux places de cinéma, l’abonnement multi-écrans à 14,99€/mois offre une expérience de jeux illimitée pour toute la famille grâce à une sélection de titres culturels comme divertissants. Le jeu vidéo, dans l’imaginaire de beaucoup de gens, ce sont des jeux violents ou infantilisants. Alors qu’en réalité, il y a de nombreuses franchises de qualité destinées à tout le monde qui ne demandent qu’à être découvertes. Blacknut le permet.

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Dans quelle mesure le prix d’abonnement est-il voué à évoluer ?

Olivier AVARO

Comme tous les modes d’abonnement, le prix est toujours une adéquation entre le catalogue et les contraintes purement économiques. Il faut que les éditeurs puissent récupérer une part du gâteau et que l’on fasse tourner la plateforme technologique derrière. Nous sommes cohérents par rapport au prix du marché. Nous proposerons entre 100 et 150 jeux au lancement. Tous les mois, nous en rajouterons entre 3 et 5.

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D’où viennent ces jeux ? D’éditeurs indépendants ?

Olivier AVARO

Pas uniquement. Nous travaillons aussi avec des grosses licences comme «Lara Croft». Notre critère, c’est le bon jeu. Ils peuvent être récents ou reconnus. Il y a des jeux sociaux et porteurs de sens ayant une qualité artistique spécifique.

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Quel est le potentiel du marché du jeu vidéo par abonnement en streaming ?

Olivier AVARO

En France, il y a plusieurs millions de foyers abonnés au très haut débit et pratiquement 70% de la population qui joue aux jeux vidéo. Si vous croisez ces deux données, on atteint un vrai potentiel de joueurs. Le jeu vidéo s’est complètement démocratisé.