P. LOUETTE (Radio Classique) : «La priorité est de consolider notre format original»

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Avec plus d’1,1 million d’auditeurs chaque jour (avril-juin 2021) selon Médiamétrie, Radio Classique maintient le cap. Son format, unique dans l’offre radio française, conjugue musique classique, informations générales, actualités financières et économiques. La station installe cette saison de nouvelles voix. Entretien avec Pierre LOUETTE, Président de Radio Classique, et PDG du Groupe Les Échos – Le Parisien.

MEDIA +

Beaucoup de changements cette saison sur Radio Classique avec de nouvelles voix. Quelle dynamique souhaitez-vous impulser ?

PIERRE LOUETTE

La priorité est de consolider notre format original. Chaque journée débute par une matinale économique et politique. Elle est axée sur le décryptage et la mise en perspective. A partir de 9 heures, on bascule dans la programmation musicale, avec une ambiance «feel good». Ce positionnement rencontre un succès grandissant. Sur la dernière vague d’audience, nous étions l’une des deux seules matinales en France à progresser. Grâce à cette dynamique, nous maintenons l’écart avec notre principal concurrent. Nous sommes crédités d’une audience supérieure à celle de France Musique, avec un budget probablement trois fois inférieur et une capacité de diffusion moindre (environ 5 fois moins de fréquences). Nul doute que si Radio Classique pouvait être encore mieux entendue, son audience serait plus haute.

MEDIA +

Le déploiement du DAB+ s’apparente-t-il à une aubaine pour vous ?

PIERRE LOUETTE

En cette rentrée, il y a en effet la perspective du DAB+. Nous nous sommes tout de suite positionnés au premier rang pour monter dans la fusée de la radio numérique terrestre. Nous misons sur cette distribution pour être mieux entendus en mobilité dans toute la France. En parallèle, nous espérons obtenir des nouvelles fréquences terrestres, à l’occasion des réattributions que le CSA pilote.

MEDIA +

Pensez-vous récupérer beaucoup d’auditeurs avec ce moyen de distribution ?

PIERRE LOUETTE

Avec le DAB+, nous ne nous sommes pas fixés d’objectif chiffré. Dans le contexte général, la radio perd des auditeurs. Le média est moins consommé qu’avant, notamment par les jeunes qui privilégient les plateformes de streaming. Maintenir l’audience de Radio Classique – comme nous le faisons – est un tour de force. Nous misons à la fois sur l’audience hertzienne qui reste solide et sur le numérique où nous sommes là aussi en position de leader. Nous profitons de la forte écoute sur notre player ainsi que du succès de nos podcasts. C’est une formidable performance.

MEDIA +

Êtes-vous toujours dans une logique de reconquête ?

PIERRE LOUETTE

Toujours ! Je veux souligner le travail de la petite, mais talentueuse équipe de Radio Classique : de la rédaction à la programmation en passant par la régie. Tout le monde est très mobilisé. Un mot aussi pour Guillaume Durand qui est actuellement absent de l’antenne. On espère qu’il reviendra à l’antenne d’une manière ou d’une autre. Nous avons aussi mis en place une nouvelle équipe pour la matinale. Elle démarre très bien avec Renaud Blanc, l’anchorman de la tranche. A ses côtés, il y a une équipe renouvelée, avec François Geffrier et David Doukhan entre autres.

MEDIA +

Quel est votre cœur de cible ?

PIERRE LOUETTE

Ce sont essentiellement les CSP+. Dans le domaine de l’information, il s’agit à la fois d’auditeurs qui aiment l’entreprise et qui partagent une vision plutôt libérale de l’économie.

MEDIA +

Renforcez-vous les passerelles entre les médias du Groupe «Les Échos – Le Parisien» ?

PIERRE LOUETTE

Encore plus cette année ! Nous avons mis en place un partenariat entre «Les Échos» et Radio Classique. David Barroux, rédacteur en chef au journal, anime chaque matin, à 7h55, la chronique «Décryptage». François Vidal porte la chronique «L’Edito Eco» et Nicolas Barré, Directeur de la rédaction, intervient de temps en temps à l’antenne. Nous développons aussi les synergies avec «Le Parisien». Ainsi, David Doukhan, chef du service politique du quotidien, vient tous les matins commenter et apporter un éclairage sur la politique à la radio.

MEDIA +

La durée d’écoute évolue-t-elle ?

PIERRE LOUETTE

Elle reste l’une des plus élevées des grandes radios. Elle est très solide à près de 2 heures d’écoute par jour, preuve de l’attractivité de notre format. Elle atteint ce niveau exceptionnel depuis plus d’un an.

MEDIA +

Quelle est votre politique de podcasts?

PIERRE LOUETTE

C’est une activité très importante pour le rayonnement de la marque. Nous sommes dans le Top 10 des podcasts les plus téléchargés en France avec l’émission de Franck Ferrand qui raconte l’Histoire (2,5 millions d’écoutes en moyenne chaque mois, ndlr). Nous avons une politique de développement de podcasts, par exemple dans les coulisses des opéras. C’est un format assez peu onéreux à produire, qui cherche certes son modèle économique, mais qui permet d’entretenir la relation à la marque.

MEDIA +

Un mot sur la prise de participation à hauteur de 50% du Groupe «Les Échos – Le Parisien» dans medici.tv, plateforme de streaming, et dans Mezzo avec le Groupe CANAL+ ? 

PIERRE LOUETTE

L’idée est de constituer un pôle qui est déjà un leader européen de la musique classique. A l’occasion de l’exposition qui réunit cette semaine plus de 200 chefs-d’œuvre de la collection d’art moderne français et russe des frères Morozov, nous avons réalisé une multidiffusion de concerts sur nos trois antennes : Radio Classique pour la radio, medici.tv pour le streaming et Mezzo pour la télévision. Tout est très complémentaire.