P. RUFFENACH (Bayard) : ««La Croix L’Hebdo» vise à conquérir de nouveaux publics»

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Hier matin, se tenait la conférence de présentation de «La Croix L’hebdo», magazine de fin de semaine qui paraît tous les vendredis à compter du 4 octobre 2019. Dans quelle lignée ce nouvel hebdomadaire se lance-t-il ? Réponse avec Pascal RUFFENACH, Président du directoire de Bayard.

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Quel est l’enjeu du lancement de «La Croix Hebdo» au sein du groupe Bayard ?

Pascal RUFFENACH

Cet hebdomadaire, qui se substitue à l’édition de «La Croix» du week-end, propose au lecteur de comprendre les enjeux du monde pour mieux y trouver sa place. «La Croix L’Hebdo», en vente chaque vendredi au prix de 3.80€, vient compléter la proposition éditoriale de «La Croix» et met en perspective l’actualité tout en cultivant la confiance entre médias et citoyens. Cet hebdomadaire papier vient aussi de réincarner la relation avec le titre «La Croix» et de continuer à le réinventer.

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Quelles sont concrètement vos ambitions ?

Pascal RUFFENACH

Fort de ses 70.000 abonnés qui reçoivent le magazine chaque vendredi, «La Croix L’Hebdo» vise aussi à conquérir de nouveaux publics. Et notamment les lecteurs de moins de 55 ans qui lisent beaucoup moins les quotidiens papiers. L’ambition est de réaliser plus de 7.000 ventes au numéro et plus de 15.000 nouveaux abonnements (toutes offres confondues). Le premier numéro a été édité à 400.000 exemplaires.

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Est-ce le plus gros lancement de Bayard depuis longtemps ?

Pascal RUFFENACH

Nous lançons de nouvelles publications très régulièrement. Milan Presse a lancé «Un jour une actu» il y a quatre ans, et enregistre plus de 20.000 abonnés tout en étant présent dans les écoles de France. Nous avons aussi lancé «Curionautes», un magazine de science ou encore le mensuel «Tempo Santé» il y a 18 mois. 

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A l’heure où la presse papier est en mutation, vous semblez y croire plus que jamais …

Pascal RUFFENACH

Ce qui est en grande difficulté aujourd’hui, c’est la presse papier grand public avec beaucoup de ressources publicitaires. Celle-là est en crise et baisse fortement. En revanche, nous voyons émerger une presse à haute valeur ajoutée. Ça, nous y croyons beaucoup. Chez Bayard, notre vocation est d’abord de nous adresser au plus grand nombre. Nous avons des marques très grand public comme «J’aime lire», premier magazine européen sur les enfants. Il y aussi «Notre temps», «Pellerin» et plein d’autres. Nous cultivons aussi une logique plus culturelle et forcément plus segmentante. A noter que le quotidien «La Croix» est en croissance de diffusion (+4% en année glissante, ndlr). Nous tenons notre rôle au sein des quotidiens français. Et je suis persuadé qu’ils aident la démocratie à se structurer. Au-delà de Bayard, c’est un enjeu essentiel d’avoir des voix d’opinions différentes qui s’expriment.

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Bayard s’adresse à tous les publics. Comment vous développez-vous ?

Pascal RUFFENACH

Nous publions aujourd’hui nos résultats financiers. Bayard est en bonne santé. Nous avons des projets, y compris à l’international. Nous nous sommes implantés en Chine il y a deux ans avec l’ouverture d’une maison d’édition à Pékin. Nous espérons continuer à ouvrir des filiales à l’étranger. L’international représente 25% du chiffre d’affaires du groupe. Sur les 75% restants, la presse constitue 80% de l’activité. En France, nous avons d’autres projets dans la jeunesse en publication presse et livres. En jeunesse, nous sommes le 2ème éditeur français. Et en BD jeunesse, nous avons réussi à atteindre aussi la deuxième place.