Pakistan: face à la censure, les TV privées se tournent vers l’Internet

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    Bloquées dans leurs diffusions et entravées dans leur liberté d’informer sous l’état d’urgence au Pakistan, les télévisions privées, souvent critiques à l’égard du pouvoir du président Pervez Musharraf, se servent de plus en plus de leurs sites Internet pour toucher leur public. Quelques minutes avant la proclamation de l’état d’urgence samedi soir, les programmes des chaînes privées avaient été brusquement interrompus. Puis, le régime de l’état d’urgence a imposé toute une série de restrictions aux médias, notamment la presse privée écrite et télévisée, qui a explosé ces dernières années. Depuis, la plupart des Pakistanais ont le choix entre un écran noir ou les bulletins d’informations au ton aseptisé de la chaîne publique aux ordres du pouvoir. C’est peut-être à cause de cette censure sur les médias privés qu’une rumeur telle que l’assignation à résidence du général Musharraf a pu secouer le pays durant quelques heures lundi. Mais les chaînes de télévision, qui se veulent indépendantes du pouvoir, se sont reportées depuis quelques jours sur l’Internet. «L’information est devenue une marchandise de contrebande au Pakistan et elle se vend au marché noir», plaisante Inram Aslam, président de Geo Television, la chaîne cablée d’informations à la plus forte audience.