Procès anti-trust ATT-Time Warner marqué par une passe d’armes entre les avocats

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L’ouverture du procès intenté par le gouvernement américain pour bloquer la méga-fusion à 85 milliards de dollars entre AT&T et Time Warner, a été marquée jeudi à Washington par une passe d’armes entre les avocats des deux parties. Ce mariage entre un opérateur téléphonique arborant également la casquette de distributeur de contenus et d’un fournisseur de ces mêmes contenus va-t-il créer un géant des médias qui va étouffer la concurrence ou accoucher d’un nouveau rival à Google et Facebook? Tel est l’enjeu de ce procès très suivi par les milieux d’affaires car il devrait donner une idée de l’approche retenue en matière d’antitrust par l’administration Trump au moment où se multiplient les fusions et acquisitions. Celles-ci sont alimentées par de gros trésors de guerre amassés par les sociétés américaines, notamment dans la télévision, secteur en pleine transformation sous les coups de butoir de Netflix, Amazon (Prime Video) et Google (Youtube). «Les prix vont augmenter, l’innovation, elle, va en prendre un coup», a attaqué sans surprise Craig Conrath, le conseil du département de la Justice (DoJ) dans sa déclaration liminaire, reprenant les arguments déjà déployés par le ministère dans les semaines précédant le procès. Dans la salle, Randall Stephenson, le PDG d’AT&T, et Jeff Bewkes, le patron de Time Warner, écoutent sans piper mot. Pour maître Conrath, cette transaction va donner à AT&T, l’acquéreur, une «arme» contre ses concurrents et conduire inéluctablement à une hausse des prix pour les 90 millions d’abonnés à la télévision payante aux Etats-Unis.