En 50 ans, la production de spermatozoïdes chez l’homme a diminué de moitié, le nombre de cancers des testicules doublé tandis que se multiplient les malformations génitales chez les petits garçons. Enquêtant sur cette évolution troublante, «Mâles en péril» pointe la responsabilité des 85 000 molécules mises sur le marché par l’industrie chimique. «Nous sommes en permanence soumis à une vaste expérimentation», prévient dans le film une chercheuse danoise qui incrimine non pas une molécule, mais l’effet combiné de plusieurs substances, jamais mesuré. Les deux auteurs, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, ont fait le tour des laboratoires de recherches européens, principalement danois et américains qui, les premiers, ont mis en lumière puis confirmé la perturbation des appareils reproducteurs masculins. Pour le professeur danois Niels Skakkebaek, directeur de recherches à l’hôpital universitaire de Copenhague, ce phénomène est «potentiellement aussi grave que le changement climatique».