R. Kochi (Toei Animation) : « L’animation japonaise permet d’ouvrir à un plus large public, plus adulte. »

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À l’occasion de la relance de la licence Digimon, le studio d’animation Toei Animation diffuse en salles depuis le jeudi 24 septembre 2020 le film événement : «Digimon Adventure, Last Evolution Kizuna». L’occasion pour média+ de revenir sur ce plan de relance et les autres projets du studio avec Ryuji KOCHI, Directeur Général de Toei Animation Europe.

MEDIA +

Toei Animation relance sa licence Digimon avec un film événement «Digimon Adventure, Last Evolution Kizuna». Quel est le programme ?

RYUJI KOCHI

Du 24 au 27 septembre 2020, nous avons donné rendez-vous aux fans de la franchise au cinéma avec un film événement anniversaire : «Digimon Adventure, Last Evolution Kizuna». Ce film, diffusé dans 180 cinémas, est à destination des fans de la première heure de la licence Digimon. La France est ainsi le premier pays à diffuser le film après le Japon, en février dernier. Il sera aussi disponible prochainement au Moyen- Orient, en Allemagne, en Espagne, et ailleurs en Europe. Enfin, il permet aussi de relancer la franchise avec une nouvelle série animée.

MEDIA +

Comment a évolué la licence Digimon ?

RYUJI KOCHI

La licence Digimon a connu un gros succès en 2002 et en 2003. Une explosion qui s’est ensuite atténuée. Néanmoins, nous avons continué à produire la suite des aventures de Taichi et son digimon reptilien Agumon, mais la résonance a été moindre et la concurrence rude sur cet univers. En 2018, nous avons relancé la saga avec «Digimon Adventure Tri», une série de six films d’animation appartenant à la franchise Digimon.

MEDIA +

Quel est le plan de relance de la marque ?

RYUJI KOCHI

Avec la sortie en salles de ce film, nous allons mesurer les attentes des spectateurs et des fans de la série.  L’objectif est de créer l’évènement sur l’ensemble des territoires, et ainsi, d’installer notre nouvelle série: «Digimon Adventure 2020». Cette dernière a été lancée en avril dernier au Japon, et est à destination d’un jeune public. À raison d’un épisode diffusé chaque semaine, ce revival est encore en cours de diffusion au Japon. Sur ce territoire, les résultats sont plutôt positifs. Nos audiences sont moins fortes qu’auparavant, certes, mais le marché de l’animation japonaise a évolué et est fortement concurrentiel. Nous misons beaucoup sur la vente de produits dérivés. En France, «Digimon Adventure 2020» est diffusée en simulcast sur Crunchyroll et ADN, et à la télévision sur J-One en VOST depuis le 15 juillet 2020.

MEDIA +

La crise de Coronavirus a-t-elle impacté votre production ?

RYUJI KOCHI

La crise sanitaire a eu un impact sur notre activité. La production en elle-même n’a pas été trop ralentie, mais la post-production, notamment l’enregistrement des voix, a été fortement impactée et ralentie. Actuellement c’est mieux, mais nous ne sommes toujours pas revenus à la normale.

MEDIA +

Comment évoluent les marques de votre catalogue ?

RYUJI KOCHI

Nous avons de grosses marques qui continuent à évoluer et à être en production. C’est le cas de «Dragon Ball», «One Piece» ou encore «Les chevaliers du Zodiaque». Nous travaillons aussi sur la série «Miraculous: Les aventures de Ladybug et Chat Noir», et les résultats sont très positifs. Nous continuons à proposer de nouveaux formats comme «Les aventures de Fly», une adaptation animée du jeu «Dragon Quest». La série sera lancée en 2021 en Europe. À ce jour, nous n’avons pas encore de diffuseur, mais nous sommes en discussions. 

MEDIA +

Êtes-vous en négociations avec les plateformes ?

RYUJI KOCHI

En Europe, les plateformes de streaming vidéo sont très importantes. Concernant Toei Animation, notre puissance de frappe est plus importante via nos partenaires TV que les plateformes. Avec ces diffuseurs TV, nous touchons directement notre public, les fans de l’animation japonaise.

MEDIA +

Quel regard portez-vous sur l’animation française ?

RYUJI KOCHI

L’animation française est très riche d’un point de vue créatif, avec beaucoup de studios sur le territoire. Néanmoins, les productions animées françaises sont faites pour répondre à une certaine vision des chaînes linaires. C’est pour cela qu’elles ont plus de facilité d’accès à ces diffuseurs. En France, l’animation est un genre réservé aux enfants. L’animation japonaise permet d’ouvrir à un plus large public, plus adulte.