Radio France: le plan d’économies d’effectifs ne sera pas abandonné malgré la grève 

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Le plan d’économies et de réductions d’effectifs à Radio France ne sera pas abandonné malgré la grève qui dure depuis trois semaines, a indiqué dimanche la PDG du groupe public, Sybile Veil. «L’immobilisme (…) n’est pas à l’ordre du jour» et retirer ce plan «serait irresponsable», a déclaré Mme Veil au Journal du dimanche (JDD). «Mais beaucoup de sujets restent sur la table des discussions, notamment les conditions d’accompagnement pour les départs volontaires, les adaptations de notre fonctionnement et de nos pratiques, les formations», a-t-elle ajouté, en jugeant que «ce projet prépare l’avenir de Radio France». Le mouvement social a été lancé le 25 novembre par les six syndicats du groupe public, mais la CGT avait été le seul à déposer un préavis de grève reconductible. Objectif: obtenir le retrait du plan, qui prévoit 299 suppressions de postes et la création en parallèle de 76 postes (sur un effectif total de près de 4.800 personnes). «Ce chiffre (de 299 suppressions, ndlr), c’est le plus bas possible si nous voulons pouvoir recruter les nouveaux profils dont nous avons besoin pour l’avenir», a fait valoir Mme Veil, en repoussant les critiques sur un supposé manque de dialogue. «Il reste des inquiétudes auxquelles je souhaite répondre par le dialogue social. Pour cela, la négociation doit s’intensifier», a-t-elle poursuivi, alors que quatre autres syndicats (CFDT, SNJ, Sud et Unsa) ont déposé un préavis de grève pour jeudi. Après une première semaine «avec 25 % de grévistes le premier jour puis un peu moins de 10 % en moyenne», le taux de mobilisation est désormais «de 2-3 % en moyenne, en dehors des journées de mouvement national sur les retraites», selon Mme Veil.Malgré ce taux faible, les antennes du groupe sont régulièrement perturbées. «Nos contenus sont produits en interne par nos équipes et, pour beaucoup, en direct. C’est notre force, mais cela explique aussi qu’une grève à Radio France, ça s’entend», a expliqué la PDG. «Cependant, comme dans d’autres secteurs publics, il ne doit pas y avoir de disproportion entre mobilisation réelle et mobilisation ressentie», a-t-elle jugé.