Recrutement/ commentaires désobligeants : Radio France s’excuse

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Radio France s’est excusé après avoir diffusé par erreur les commentaires très crus et désobligeants du jury qui recrute certains de ses journalistes. Le groupe recrute 2 fois par an parmi ses pigistes pour répondre aux besoins du «planning» de ses antennes à Paris et en régions, et les embauche souvent, à terme, en CDI. A l’occasion de la seconde sélection annuelle qui s’est tenue à la mi-septembre, les «commentaires individuels et informels (langage familier) qui devaient être exclusivement destinés au débriefing oral de chacun des candidats ont tous été envoyés par erreur», a reconnu Radio France. Selon le syndicat SNJ qui a révélé l’erreur sur son site lundi, l’ensemble des candidats et des rédacteurs en chef concernés a reçu des commentaires tels que «débit un peu désinvolte et limite poissonnière», «voix de crécelle, voix nasillarde…» ou «Il serait pas mal en démonstrateur à Auchan ou DJ au Macumba». «Pourquoi la sélection doit-elle s’accompagner d’une telle humiliation?», a condamné Nicolas Demorand dans sa matinale mardi sur France Inter. «Une telle méchanceté couplée à une telle bêtise laisse pantois». La direction du groupe s’est dite «consciente de l’émotion suscitée par le vocabulaire employé dans certains de ces commentaires comme par leur diffusion», a t-elle assuré, avant de présenter ses excuses «aux candidats qui ont pu se sentir blessés». La SDJ de Radio France a apporté son soutien aux candidats, soulignant sur son site que «traiter ainsi les pigistes d’aujourd’hui ne peut qu’inquiéter sur l’état d’esprit des rédactions de demain». Le syndicat SNJ a regretté à cette occasion que «la sélection à l’entrée au planning présente toujours aussi peu de garanties d’équité entre les candidats». «Pourquoi laisse-t-on les rédacteurs en chef noter leurs propres pigistes et anciens apprentis, puisque beaucoup n’arrivent pas être objectifs?», a lancé le syndicat, demandant une «réforme urgente» du concours. La direction de Radio France a assuré qu’elle allait «prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter qu’une telle erreur se reproduise». «Cette procédure a été créée il y a plus de dix ans et est en régulière évolution pour plus de professionnalisme et d’équité», a souligné Radio France. «Combien de salariés ou de précaires sont-ils évalués et dégagés par ceux qui ont le pouvoir? Énormément évidemment, et dans tous les secteurs de l’économie», a poursuivi Nicolas Demorand. «Une entreprise de média est après tout une entreprise comme une autre. Elle est juste plus visible, et doit donc être plus exemplaire», a souligné l’animateur.