Le gouvernement britannique a annoncé mercredi vouloir légiférer «dès que possible» pour interdire aux mineurs de prendre, envoyer ou consulter des images de nudité, jugeant insuffisantes les propositions d’Apple et de Google, avec lesquels il négociait depuis trois mois.
«Des progrès ont été réalisés, marquant un premier pas dans nos efforts pour lutter contre l’exploitation et les abus sexuels des enfants en ligne ; toutefois, ils ne sont pas à la hauteur de l’ambition du gouvernement», explique dans un communiqué l’exécutif, dont l’ambition est d’«adopter les lois les plus strictes au monde en matière de sécurité en ligne» des mineurs.
Selon le communiqué, la législation vise à instaurer des protections directement au niveau des appareils, «y compris l’appareil photo et les applications tierces».
Les filtres de détection de nudité devront être activés par défaut sur les appareils et applications utilisés par les moins de 18 ans, sans que les parents aient à effectuer la moindre configuration.
En outre, seuls les utilisateurs capables de prouver qu’ils sont majeurs «via un processus robuste de vérification de l’âge» pourront, en vertu de la législation annoncée, prendre, voir ou envoyer des images de nudité. «Compte tenu de la complexité de cette question, il est essentiel de prendre le temps de bien élaborer cette législation», reconnaît le gouvernement, qui se dit prêt à réévaluer sa nécessité «si les entreprises mettent elles-mêmes en place des solutions».
«Nous partageons l’engagement du Royaume?Uni à lutter contre l’exploitation et les abus en ligne, et nous avons présenté aux responsables britanniques nos projets pour (…) mieux protéger les enfants», a réagi un porte-parole d’Apple.
«Nous sommes pleinement déterminés à continuer de collaborer avec des experts, des législateurs, des développeurs d’applications et des fabricants d’appareils afin de protéger les enfants, tout en préservant la vie privée et l’accès à l’information», a déclaré un porte-parole de Google.
L’organisation Internet Watch Foundation, qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants en ligne, dit avoir relevé en six mois «plus de signalements de sextorsion (chantage à partir de photos et vidéos intimes, ndlr) impliquant des enfants que sur l’ensemble de l’année 2025».
Londres a récemment annoncé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, qui doit entrer en vigueur début 2027, ainsi qu’un couvre-feu nocturne entre minuit et 06h00 pour les 16-17 ans.


















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