«The Hunt», dont la sortie avait été annulée l’an dernier après une vive polémique, finalement dans les salles américaines le 13 mars

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«The Hunt» («La Chasse»), un film mettant en scène des «élites» traquant pour le plaisir des «Américains ordinaires», dont la sortie avait été annulée l’an dernier après une vive polémique, sera finalement dans les salles américaines le 13 mars. Le film devait initialement sortir en septembre dernier, mais il avait scandalisé une partie des républicains, dont le président Donald Trump lui-même, et les studios Universal avaient fini par renoncer à l’époque.

«Le Hollywood gauchiste est raciste au plus haut point, et avec une grande colère et de la haine!», avait tweeté à l’époque le président américain. Satire violente de la profonde fracture entre les différentes classes sociales américaines, avec en vedette Hilary Swank et Betty Gilpin, «The Hunt» montre des élites richissimes chassant et abattant, par pur snobisme et mépris de classe, des pauvres issus d’Etats ruraux, bastions traditionnels du parti républicain (Wyoming, Mississippi…).

Les scènes brutales contenues dans la bande-annonce présentée fin juillet avaient fait d’autant plus grincer des dents que l’Amérique avait été endeuillée par deux fusillades ayant fait 31 morts quelques jours plus tard. Les studios Universal ont apparemment décidé de s’approprier désormais la controverse pour faire la promotion de leur film. «Celui dont a le plus parlé sans l’avoir jamais vu… pour l’instant», écrivent-ils dans un communiqué annonçant sa sortie prochaine. Une affiche de «The Hunt» mentionne aussi la citation suivante, attribuée à la très conservatrice chaîne de télévision Fox News: «Montre le vrai visage de Hollywood… dément et maléfique».

Dans «The Hunt», les riches chasseurs appellent parfois leurs proies les «déplorables», un terme employé durant la campagne présidentielle de 2016 par Hillary Clinton pour désigner les militants de Donald Trump les plus extrémistes. Si l’on en croit son synopsis officiel, le film n’est pourtant pas complètement à l’avantage des privilégiés libéraux puisque l’une des proies se rebiffe et finit par traquer à son tour ses tortionnaires, les éliminant les uns après les autres.

«Aucun de nous n’a voulu prendre parti avec ce film», s’est défendu le producteur Jason Blum dans une interview diffusée mardi par le site du Hollywood Reporter. «Le public est assez malin pour savoir que ce qu’il voit est une satire et que c’est grotesque», insiste-t-il.