Togo: un journal hebdomadaire proche de l’opposition suspendu par les autorités

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«Fraternité», journal hebdomadaire togolais proche  de l’opposition, a été suspendu lundi soir par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), suite à la parution d’un article dénonçant la suspension de deux autres journaux, après une plainte de l’ambassadeur de France au Togo.

L’hebdomadaire a écopé de deux mois de suspension à partir du 1er avril pour «propos discourtois, injurieux et diffamatoires à l’endroit des membres de la HAAC» dans son article publié le 25 mars, intitulé : «suspension des  journaux «L’Alternative» et «Liberté»: Du zèle, rien d’autre!». «(…) La HAAC, après avoir demandé de façon surréaliste et en vain aux deux organes d’apporter la preuve des affirmations dans leurs publications, a choisi d’aller directement à la sanction», écrivait le journal.

Selon la Haute autorité, l’article «n’a pas respecté les règles professionnelles, en violation des dispositions du code de déontologie des  journalistes du Togo, du code de la presse et de la communication». «Je trouve la décision regrettable. La HAAC devrait faire mention plus honorable en jouant à la conciliation, au lieu de sanctionner, au pire des  cas, faire une mise en garde», a déclaré Joël Vignon Kossi Egah, directeur de publication de Fraternité. «Liberté» et «L’Alternative» – deux journaux proches de l’opposition – ont été suspendus le 23 mars par la HAAC, respectivement pour 15 jours et deux mois, suite à une plainte de l’ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy.

Ces journaux ont été accusés de publier des articles comportant des «accusations graves, infondées et calomnieuses» contre l’ambassadeur de France au Togo, son pays et contre Franck Paris, conseiller Afrique du président français Emmanuel Macron, que ces journaux proches de l’opposition soupçonnent d’ingérence dans le récent processus électoral.

Le président sortant Faure Gnassingbé a été réélu avec 70,78% des voix, selon les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle, des résultats contestés par l’opposition notamment l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, qui a dénoncé de graves «irrégularités».

Ce dernier, dont l’immunité parlementaire a été récemment levée par l’Assemblée nationale, est convoqué mercredi devant le service central de recherches et d’investigations criminelles de la gendarmerie. M. Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait avant lui dirigé le Togo d’une main de fer pendant 38 ans.