Trois questions à … Dominique D’Hinnin, directeur financier de Lagardère SCA, et Didier Quillot président de Lagardère Active Média (LAM)

C’est au Pavillon Gabriel que le Groupe Lagardère a annoncé lundi une chute de son bénéfice de 56,6 % passant de 670 millions d’euros en 2005 à 291 millions en 2006. Ce qui s’explique notamment par la baisse du bénéfice net du Pôle Média qui est passé de 404 millions d’euros en 2005 à 268 millions en 2006. Toutefois le chiffre d’affairesii du Pôle media beneficie d’une croissance de 2,4%. Les activités Lagardère Active (Europe 1, RFM, productions de programmes télévisés) ont connu une bonne année 2006 (+ 53 %), malgré un investissement dans la TNT de 19 millions d’euros. Dominique D’Hinnin directeur financier de Lagardère SCA et Didier Quillot Président de Lagardère Active Média ont accepté de commenter ces résultats 2006.

média + : Pouvez-vous nous commenter le résultat opérationnel du pôle Média pour 2006 ?

Dominique D’Hinnin : C’est un résultat opérationnel sur le pôle média conforme aux prévisions puisqu’il s’inscrit parfaitement dans la fourchette d’évolution et de hausse qui avait été donnée au marché il y a un an maintenant. On s’attend à une progression de même nature l’année prochaine. Cette progression est satisfaisante car elle se fait malgré un accident dans les magazines qui a été abondamment commenté et qui montre la solidité du groupe et le bien-fondé d’une stratégie fondée sur une diversité des activités. Lorsqu’il y a une activité qui ne va pas, les autres sont là pour l’épauler et permettre néanmoins au groupe de progresser. C’est la philosophie du développement du groupe.

média+ : Vous enregistrez une hausse du chiffre d’affaires aux Etats-Unis et au Canada, et une stagnation en Europe…

Dominique D’Hinnin : On a intégré Warner Book en 2006, ce qui a eu un effet mécanique sur le chiffre d’affaires, en revanche ça devrait continuer à croître un peu en 2007 sous l’effet de ce même effet mécanique, car on aura Warner Book douze mois au lieu de neuf, et nous en sommes ravis car faire croître les parts des Etats-Unis et de l’Asie d’ailleurs, qui sont les deux secteurs qui progressent le plus économiquement dans le monde aujourd’hui est favorable à la croissance globale du groupe. L’Europe et la France en particulier étant moins rapide et dynamique en terme de croissance économique.

média+ : Vous présentez de très bons résultats radio et presse, pourquoi ceux de la télévision sont-ils moins performants ? Quels sont vos projets en matière de production audiovisuelle ?

Didier Quillot : Les résultats 2006 sont conformes à ce qu’on avait dit et sur la partie radio et la partie presse, on est plutôt satisfait de ces résultats avec des perspectives pour 2007 qui sont des perspectives de rationalisation sur la presse et des perspectives d’investissement dans le numérique pour réussir la transformation du groupe dans le digital. Les bons résultats de la radio c’est parce qu’Europe 1 a connu une très belle année 2006 en matière de recettes publicitaires. On a de bons résultats radio en Europe de l’est où nous sommes leader ou numéro deux dans tous les pays ou nous sommes présents. Pour la télévision, il y a des investissements qui ont été faits sur la TNT qui affectent le résultat, mais sur la télévision nous avons de très bons chiffres d’audience avec «Gulli», nous sommes leader sur le segment jeunesse avec «Canal J» , «Tiji» et «Gulli». En 2006 on a supporté dans nos comptes les investissements faits sur la TNT. En matière de production télévisuelle, on est déjà leader sur la fiction, on veut être un challenger sérieux sur le flux et on veut devenir leader sur l’animation, donc on va se développer, car nous voulons être un éditeur leader sur le contenu jeunesse. Aujourd’hui nous sommes présents en France mais quand on a un bon savoir-faire sur son territoire d’origine, on peut regarder ailleurs même si la priorité c’est la France.

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