C’est à l’Université Paris Dauphine que Electronic Business Group (EBG) a tenu, mercredi 14 mars, sa table ronde sur le thème : «Haut Débit : nouveaux acteurs, nouveaux services». Le débat a été animé par Marco Lopinto de la société Ineum Consulting, qui a questionné successivement Nicolas Bry directeur Produits et services de T-Online, Catherine Dumas directrice du développement de la Sipperec, Laure Katlenbach, chef du bureau des évaluations économiques et de la société d’information de la DDM et Patrick Kerven, directeur Commercial de Google France. Nicolas Bry a accepté de répondre aux questions de média+ à l’issue de la table-ronde sur les nouveaux services proposés par le net et en particulier par Club Internet.
média+ : Vous considérez être un fournisseur d’Internet et non pas un fournisseur, pouvez-vous développer cette idée ?
Nicolas Bry : L’idée c’est qu’Internet recouvre une multitude de services, le web, l’email sont devenus des outils quotidiens, maintenant c’est aussi la téléphonie, la télévision et ses services dérivés comme la VOD. Fournisseur d’accès à Internet c’est réducteur par rapport à ce que notre métier est devenu. Nous fournissons Internet, or ça peut être des outils en self-service pour le consommateur, comme le surf, ou des outils très packagés où on l’accompagne le plus loin possible dans son usage, comme pour notre offre de télévision que nous avons sortie récemment.
média+ : Qu’offrez-vous donc pour la télévision ?
Nicolas Bry : Notre offre de télévision c’est d’abord la mise en place d’une plate-forme et d’une interface totalement nouvelle pour le consommateur qui rendent les plate-formes satellites et câbles en terme d’interface (ce qu’il voit sur sa télévision) obselètes. C’est une nouvelle génération de télévision que l’on a faite avec Microsoft TV. Dedans ça induit quatre usages: ça donne accès à 150 chaînes avec une navigation très fluide entre elles, un zapping instantané. Vous avez un magnétoscope numérique qui est intégré avec 150 heures de programmes, vous avez un catalogue de VOD proposé avec plus de 1 400 programmes et un tout nouveau service que nous avons sorti en janvier qui est «la catch up TV», pour revoir une émission que vous auriez ratée. C’est donc ce que l’on fait avec M6 pour les émissions phares de la chaîne comme «Capital», «Turbo», la «Nouvelle Star» ou leurs séries phares comme «Desperate housewives». Un consommateur qui rentre chez lui et qui est client de Club Internet TV a le choix entre ces quatre types d’usages, et dans les sondages que l’on fait on voit que cela correspond toujours à un usage familial, mais c’est bien de la télévision à la demande. Nous proposons des programmes gratuits et d’autres payants, c’est une politique qui est définie avec M6.
média+ : «Joost» doit lancer à la fin du mois une télévision à la carte sur Internet, dont les contenus professionnels seront à 90% gratuit, le financement se faisant par la publicité. Pensez-vous que la gratuité soit l’avenir de la vidéo sur le net ?
Nicolas Bry : Nous sommes ouverts à tous les models, notre métier c’est de gérer la relation avec un consommateur et le cas échéant de le facturer, d’assurer la promotion du service à ses yeux pour qu’il découvre le catalogue VOD. Pour le moment il y a du contenu gratuit et payant. Concernant le financement par la publicité, les audiences des services de télévision sur Internet, même si c’est sur un poste de télévision, sont quand même assez faibles par rapport aux audiences des chaînes donc c’est peut-être un peu compliqué de monétiser cette audience. Maintenant ce sera sans doute quelque chose qui se développera dans les années à venir en parallèle des contenus payants, qui resteront payants soit par leur exclusivité soit par une formule d’abonnement à un catalogue VOD par exemple dans lequel on peut consommer des films autant qu’on veut.


































