Trois questions à … Quentin Raspail, fondateur du Festival de la fiction TV de la Rochelle

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    Le Xème Festival de la fiction TV de la Rochelle a ouvert ses portes mercredi soir. Le coup d’envoi a été donné par Quentin Raspail, le fondateur de ce festival. Média+ l’a rencontré afin qu’il nous en dise plus sur cette édition anniversaire.

    média+ : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette dixième édition du Festival de la fiction TV ?

    Quentin Raspail : Depuis 10 ans, le Festival a fait de grands pas. Il y a dix ans nous étions à St-Tropez, à 200 festivaliers… Nous visons aujourd’hui les 20 000. Je suis fière de ce festival qui à mon sens est le plus grand rendez-vous professionnel pour la télévision et la production en France. Puis la fiction s’est imposée comme le programme préféré des Français avec des scores à faire pâlir aujourd’hui. Je me rappelle, il n y a ne serais-ce que 6 ans, un pilote que j’avais réalisé avait réuni 8 millions de téléspectateurs mais ce n’était pas encore suffisant! Le métier et la fiction sont confrontés à plusieurs problématiques notamment financières, mais aussi législatives. Sans compter que le champ de la concurrence est beaucoup plus large avec Internet et la TNT, au vu d’autant plus du déferlement des séries américaines.

    média+ : Quelles seraient les solutions à apporter pour renouveler la fiction française ?

    Quentin Raspail: Je pense qu’il faut donner les moyens à la fiction française de se battre contre ses concurrents. Des choses ont déjà été faites notamment avec les crédits d’impôts en faveur d’un tournage dans notre région. Ces crédits d’impôts ont eu pour conséquence de freiner la délocalisation de la production. Il ne faut pas oublier que la fiction américaine a toujours été là («Dallas», etc), c’est juste que durant un peu moins de deux décennies (80′-90′) elle s’est cherchée et s’est régénérée. Et il n’y a pas eu de secrets: en plus de la recherche d’une nouvelle écriture, de nouveaux formats, la fiction américaine a eu les moyens de se redéployer. En France, nous nous sommes déjà renouvelés dans les écritures et dans les formats. Vous en avez un aperçu lors de ce festival. Ce qu’il nous manque, ce sont les moyens pour mettre en oeuvre l’audace qu’ont nos producteurs. Concrètement, un prime time aujourd’hui, pour un 90′, c’est en moyenne 2 millions d’euros. Aux USA, c’est 3 millions pour un 52′ ! Il faudrait instaurer régulièrement en prime sur nos chaînes de grands rendez-vous de qualité.

    média+ : En mettant votre casquette de Président du Festival, quels sont vos projets en matière de fiction ?

    Quentin Raspail : J’ai plusieurs projets qui me tiennent à coeur. Mes projets sont engagés, mais pas forcément politiquement parlant. Avec «Une femme à abattre», présentée au Festival, j’ai fait une fiction qui a pour trame de fond l’assassinat d’Anna Politkovskaïa. En 2009, Raspail Production aura notamment en actualité une fiction sur Albert Camus pour France 2 et une comédie pour TF1.