Trois questions à… Yves Bigot, Directeur des Programmes de RTBF

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    Lors de la cinquième journée de la Création TV, organisée par l’APA (Association pour la Promotion de l’Audiovisuel), une table ronde était organisée sur la question de la nouvelle télévision publique française. L’occasion pour media+ de rencontrer Yves Bigot, directeur des Programmes de RTBF.

    média+ : Quelle est votre point de vue sur le chemin que semble prendre la nouvelle télévision publique française?

    Yves Bigot : Je suis surpris qu’on ne parle principalement dans cette réforme de la télévision publique, que de France Télévisions. Alors même que le groupe n’incarne pas à lui seul la télévisons publique. Justement, pour envisager l’avenir, l’audiovisuel public devrait être globale, à savoir tous les supports publics en même temps: radio et télévision! Aujourd’hui, ce service est trop atomisé. Il faudrait un groupe radio, télévision et Internet, par exemple. Personne ne veut se retrouver dans la même situation qu’aux USA où «PBS» représente 3% du marché?Et je ne dis pas de revenir à l’ORTF car c’était trop administratif, lourd et poussiéreux comme structure. Les chaînes de services publiques sont pléthores en France et il n’existe aucune synergie entre elles alors qu’on est à un moment où la radio et la télévision sont d’ores et déjà menacées par le medium Internet. La priorité est là à mon sens: regrouper et créer comme c’est la cas en Belgique, en Italie, en Allemagne, au Canada et à peu près partout dans le monde, pour avoir un audiovisuel public performant. Et non que chacun tire dans son coin.

    média+ : Le problème se résoudrait-il alors à l’échelle européenne?

    Yves Bigot : Non, ce n’est pas un problème européen, mais mondial puisqu’Internet n’a pas de frontière. Je travaille dans la capitale européenne donc je peux dire que l’Europe n?est pas la solution. Lorsque nous achetons des programmes en France pour la Belgique, les producteurs français ne veulent pas céder les droits Internet, VOD ou de streaming pour la Belgique francophone. Ils ne voient pas de nécessités à céder ces «nouveaux droits» puisqu?Internet n’a pas de frontières. Là est toute la problématique: on envisage des questions nouvelles avec des réflexions qui sont anciennes.

    média+ : A côté de la réforme, n’y a-t-il pas également d?autres défis?

    Yves Bigot : Si, évidemment! Demain, à côté de la réforme incontournable, nous aurons aussi les marques qui produiront des programmes. Il faut intégrer cette donnée. Et celles-ci proposerons gratuitement aux diffuseurs leurs programmes.