Venezuela : plusieurs médias en ligne débloqués après des années de censure

Venezuela : plusieurs médias en ligne débloqués après des années de censure
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Plusieurs portails d’information censurés depuis des années au Venezuela ont été débloqués, a annoncé jeudi l’Agence de régulation des télécommunications, quelques heures avant le début de pourparlers entre le pouvoir et l’opposition et neuf mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine. Des militants, des journalistes et des ONG dénoncent depuis des années le blocage de sites web, y voyant un mécanisme de censure. Pour y accéder au Venezuela, il fallait utiliser un VPN (réseau privé virtuel). Des journalistes de l’Agence France-Presse ont notamment pu accéder aux sites internet d’El Nacional, d’Efecto Cocuyo et d’El Pitazo, trois des principaux médias en ligne. «À la suite de l’annonce faite par le régime, dès la nuit de mercredi, il a été possible de constater sur le territoire vénézuélien, avec différents opérateurs, qu’on pouvait accéder à www.ntn24.com sans utiliser de VPN», a souligné ce média sur son site Internet. La Commission nationale des télécommunications (Conatel) a annoncé sur son site internet le «rétablissement officiel de l’accès à diverses plateformes et à des médias de communication numériques nationaux et internationaux». L’ONG de défense des droits numériques VE Sin Filtro (Sans filtre) a vérifié l’accès à dix portails web auprès de plusieurs fournisseurs d’accès à internet. Elle recense encore au moins 194 sites web bloqués au Venezuela, dont ceux de 84 médias d’information. La cheffe de la délégation de l’opposition chargée de dialoguer avec le pouvoir, Dinorah Figuera a salué ce déblocage sur X : «Aujourd’hui, une fenêtre s’ouvre que beaucoup de Vénézuéliens attendent depuis des années : plusieurs médias redeviennent accessibles à ceux qui veulent savoir ce qui se passe dans leur pays». «C’est un droit dans une démocratie pleine et entière, pas une concession (…). C’est un premier pas. Il manque encore beaucoup de médias et ils doivent tous revenir, pleinement et de manière permanente», a-t-elle précisé. La mesure avait notamment été recommandée quelques heures plus tôt par le Programme pour la paix et la coexistence démocratique, une instance non gouvernementale créée par la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, qui est soumise à la pression de Washington. Le Programme a recommandé le déblocage des sites pour promouvoir le dialogue et la «réconciliation». La liberté d’expression était un des points à l’ordre du jour de la deuxième séquence de négociations entre le pouvoir et l’opposition qui débute jeudi.

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