Vivendi/Tim: «il y a les éléments» pour que le gouvernement ait recours aux «pouvoirs spéciaux (Carlo Calenda)

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Le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, a estimé lundi qu’il y avait «les éléments» pour que le gouvernement ait recours aux «pouvoirs spéciaux» contre le groupe français Vivendi, dans le cadre du resserrement de son contrôle sur Telecom Italia (Tim). «L’évaluation revient au comité compétent. Néanmoins, je crois qu’il y a les éléments», a affirmé le ministre dans un entretien au quotidien «La Stampa». «L’Italie veut qu’un investisseur qui vienne chez nous, et il est le bienvenu, respecte les règles. Dans le cas de Vivendi-Tim, une obligation de notification (en amont, en cas de prise de contrôle) était rpévue et Vivendi ne l’a pas fait. Nous ne sommes pas un pays ouvert aux raids ou qui peut être traité avec légèreté», a-t-il ajouté, réaffirmant ainsi des propos tenus la semaine passée. Le comité d’experts doit se réunir lundi sur ce dossier, mais on ignore si la décision du gouvernement sera rendue dans la journée. Le gouvernement italien a lancé fin juillet une instruction pour vérifier si Vivendi avait respecté les règles lors du resserrement de son contrôle sur la direction de Telecom Italia, les sociétés ayant des obligations de communication dans les secteurs stratégiques (dont font partie les télécoms) en Italie. Il peut décider, en cas de non-respect des règles, d’exercer des «pouvoirs spéciaux» («golden power») prévus dans de tels secteurs, comme une amende, un veto, etc. Parmi les hypothèses évoquées par la presse figure aussi une possible cession imposée ou un contrôle sur Sparkle, société du groupe Telecom Italia jugée «stratégique» car elle gère des réseaux considérés comme sensibles. Le gendarme boursier italien, la Consob, a jugé le 13 septembre que Vivendi exerçait «un contrôle de fait» sur Tim, dont il détient 23,9% du capital. Vivendi et Tim ont annoncé qu’ils contesteraient cette décision, tout en s’engageant à s’y conformer. Vivendi a toujours affirmé qu’il n’avait pas le contrôle sur Telecom Italia, indiquant seulement exercer depuis fin juillet «des activités de direction et coordination» sur l’opérateur. En raison de la décision de la Consob, le groupe français pourrait se voir contraint de consolider les quelque 25 milliards de dettes de Telecom Italia dans ses comptes par son homologue française, l’AMF (Autorité des marchés financiers).