Y. BIGOT (TV5Monde) : «Nous sommes la première chaîne en français sur l’ensemble de l’Afrique»

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Yves BIGOT, Directeur général de TV5Monde

Les 21 et 22 septembre, toutes les chaînes de TV5MONDE sont en direct pour faire vivre à leurs téléspectateurs «Le Tour du Monde de la Francophonie». Au programme, 25 heures de direct, 23 destinations du globe, 23 émissions de 52 minutes. Rencontre avec Yves BIGOT, Directeur général de TV5Monde.

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Comment l’offre de TV5Monde évolue-t-elle ?

Yves BIGOT

TV5Monde, c’est aujourd’hui 12 chaînes. En deux ans, nous en avons lancé deux nouvelles. La première, TiVi5MONDE, chaîne jeunesse divertissante et éducative qui propose aux 4-13 ans, une offre de programmes riche et de qualité. Disponible aux États-Unis depuis début 2012, elle a été lancée avec succès en Afrique en juin 2016. La deuxième, TV5MONDE Style HD consacrée au raffinement français et francophone, est actuellement accessible sur l’ensemble du monde arabe, la région Asie/Pacifique, aux États-Unis et en Afrique. Nous lançons aussi des magazines africains. C’est le cas de «Ça roule», un nouveau magazine automobile.

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TV5Monde France-Belgique-Suisse est finalement la chaîne la plus pauvre en termes de programmes inédits ?

Yves BIGOT

En France, nous sommes une chaîne du câble et du satellite. De plus, nous n’avons pas accès aux droits sportifs. Nous faisons très attention de ne pas nous mettre en concurrence avec nos chaînes partenaires. A titre de comparaison, nos journalistes ne peuvent pas faire un pas à Abidjan, Kinshasa ou Dakar sans que tout le monde veuille être pris en photo avec. En revanche, à Paris, leur notoriété est faible. Cette année, je me réjouis d’accueillir Françoise Joly. Chaque dimanche, elle présente «Internationales», le rendez-vous politique de TV5Monde qui s’associe aux rédactions de RFI et du journal «Le Monde» pour recevoir une personnalité au cœur de l’actualité internationale.

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Les évolutions d’audience de TV5Monde sont-elles globalement significatives ?

Yves BIGOT

L’audimat est évalué par nos tutelles, les 5 gouvernements qui nous financent : la France, la Suisse, le Canada, le Québec, la partie francophone de la Belgique. Notre principal critère d’évolution, c’est la distribution, c’est-à-dire la disponibilité de la chaîne dans le monde. Nous sommes reçus aujourd’hui dans 354 millions de foyers contre 318 millions l’an dernier. La progression est très sensible. Nous sommes accessibles dans les 198 pays membres de l’ONU et même en Corée du Nord. En termes d’audiences pures, nous la mesurons de manière scientifique dans 24 pays pour des raisons budgétaires. Sur ces 24 territoires, il y a 41,5 millions de téléspectateurs/semaine. En sortant du domaine scientifique, on estime notre audience mondiale entre 60 et 90 millions de téléspectateurs hebdomadaires.

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Y’a-t-il un plafond de verre en matière de distribution ?

Yves BIGOT

Il y en a sûrement un. Nous sommes portés par la démographie en Afrique. Plus la population grandit, plus la chaîne est reçue. D’autre part, notre expansion dans les pays asiatiques est le fruit du travail de notre bureau à Hong-Kong. On gagne sans arrêt de nouveaux abonnés en Inde, au Japon, en Corée du Sud et un peu en Chine.

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Quelles sont vos perspectives sur l’année à venir ?

Yves BIGOT

Contrairement à nos amis de l’audiovisuel public français, nous n’avons pas de contrat d’objectifs et de moyens. En revanche, nous avons un plan stratégique 2017-2020. Les deux axes principaux concernent la transformation digitale de l’entreprise et le développement sur l’Afrique. Tout est très bien parti. Nous sommes la première chaîne en français sur l’ensemble de l’Afrique, Maghreb compris. La transformation digitale est en cours. C’est un travail long et difficile pour faire évoluer les métiers. On accompagne le personnel avec des formations.