Développement à l’international, augmentation des abonnés, forte croissance des bénéfices malgré la crise: la chaîne payante Canal+, 25 ans mercredi, peut fêter dignement son anniversaire et oublier une sombre période pas très lointaine, où elle avait frôlé la faillite. En 25 ans, «on a réussi à maintenir notre différence par rapport à ce qui peut exister dans le secteur. On a réussi à inscrire Canal+ à l’ère du numérique», indique Bertrand Méheut, président de la chaîne depuis 2003. Et s’il devait qualifier la chaîne en un seul mot, M. Méheut dirait «libre». Car avec ses «Guignols» ou son «Petit journal», ses séries réalistes, ses films à résonance politique ou ses «web-séries» (séries uniquement destinées à la toile), la chaîne détonne dans le paysage français audiovisuel. C’est le 4 novembre 1984 qu’André Rousselet, proche de François Mitterrand, fonde Canal+, malgré le scepticisme général. Il s’agit alors de la première chaîne payante en Europe. Pour 140 francs par mois, on peut regarder «une chaîne pas comme les autres, où le cinéma et le sport sont rois», mais aussi le film porno. Aux commandes de programmes devenus très rapidement cultes («Nulle part ailleurs», «Les Nuls»…), Michel Denisot, Patrick Poivre d’Arvor, Antoine de Caunes, Philippe Gildas ou Alain Chabat. Deux ans plus tard, déjà forte de deux millions d’abonnés, la société fait une introduction en Bourse réussie. Entrée en Belgique, en Espagne ou en Afrique, prise de participation dans le club de football Paris-Saint-Germain, création de la maison de production cinématographique Studio Canal+…, rien ne semble arrêter la société. Mais aujourd’hui, le défi est de s’adapter aux nouveaux modes de consommation, liés à l’ère numérique, et répondre à la concurrence des nouvelles chaînes de la TNT et celle de la télévision sur ADSL.


































