E. MAURIAT (Upswing Prod) : «Une bonne série sportive, c’est d’abord une histoire de personnages.»

E. MAURIAT (Upswing Prod) :  «Une bonne série sportive, c’est d’abord une histoire de personnages.»

À l’occasion de la diffusion des derniers épisodes de «True Sailing» ce 27 mai en Prime Time sur CANAL+ Sport 360 et myCANAL, Édouard Mauriat, producteur et réalisateur chez Upswing Prod, revient sur l’ambition de cette série immersive.

Avec «True Sailing», votre ambition était-elle de rendre enfin les marins aussi identifiables que les grandes courses ?

Il existe en effet un décalage entre la notoriété des grandes courses et celle des marins. Tout le monde connaît le Vendée Globe ou la Route du Rhum, mais très peu les personnalités qui les incarnent. C’est précisément là que se situe l’opportunité narrative. Avec «True Sailing», l’objectif était de raconter une saison complète post-Vendée Globe, en suivant plusieurs marins dans la durée, entre courses de préparation et grande transat. L’idée était de construire un récit feuilletonnant, ancré dans le réel, avec des trajectoires humaines fortes, capables de créer de l’attachement au-delà du seul enjeu sportif.

La clé de l’immersion, ce sont d’abord les personnages ?

Oui. Il faut du temps, de la confiance et qu’ils acceptent de se livrer. Sans ça, il n’y a pas de série. Ensuite, nous travaillons en immersion dans des situations concrètes : comment ils prennent leurs décisions en course, quelles options ils choisissent, ce qui fonctionne ou non. Pour rendre accessible la dimension technique, on s’appuie aussi sur des experts. Deux journalistes spécialisés nous accompagnent pour vulgariser les enjeux. On utilise également tous les outils audiovisuels : croquis, animations 3D, pédagogie visuelle. Aujourd’hui, ces bateaux sont de véritables machines de course, proches de la Formule 1. Ils volent, ils sont équipés de foils… On est presque dans du sport mécanique. L’enjeu est donc de rendre cela compréhensible sans perdre le spectateur.

Avec «True Sailing», vous arrivez dans un contexte de forte demande pour les docu-séries sportives. Comment analysez-vous cette tendance aujourd’hui ?

Le sport reste avant tout un événement en direct, avec une puissance collective très forte. Mais justement, cette exposition massive crée aussi une envie d’aller plus loin, de mieux connaître les athlètes. Les spectateurs ne veulent plus seulement voir la performance, ils veulent comprendre ce qu’il y a derrière : les parcours, les doutes, les choix, les coulisses. Des séries comme «Drive to Survive» sur Netflix ont montré qu’il était possible d’ouvrir des disciplines très techniques à un public beaucoup plus large, en misant sur l’émotion et les récits humains. Dans la voile, c’est exactement la même logique : raconter ce qui se passe avant et après la course permet de créer de l’empathie et de rendre ces univers beaucoup plus accessibles.

Quelle est la ligne éditoriale chez Upswing Prod ?

Notre ligne, c’est de raconter des histoires incarnées, avec des personnages forts, dans un contexte sportif exigeant. On cherche à apporter de l’information, mais aussi de l’émotion. Nous voulons proposer des images qui se démarquent de ce que l’on peut voir sur les réseaux sociaux. Cela passe par des moyens importants : huit mois de tournage, plusieurs mois de montage, six monteurs mobilisés simultanément sur notre récente série. L’ambition est simple : que le spectateur apprenne des choses, mais surtout qu’il soit touché.

Votre appartenance au groupe Keneo est-elle un levier pour votre développement ?

Oui, clairement. Keneo est une agence majeure dans le marketing et l’événementiel sportif, impliquée dans de grands événements comme les Jeux Olympiques ou les grandes fédérations. Upswing Prod est une filiale dédiée à la production audiovisuelle. Cette complémentarité nous permet d’accéder à des terrains, à des événements et à des univers que nous pouvons ensuite raconter en images.

Quels sont vos axes de développement à court et moyen terme ?

La diversification est un axe clé. Si le groupe Keneo est impliqué demain sur des événements comme le Marathon de Paris, ce sont typiquement des terrains qui pourraient donner lieu à des récits similaires. Notre approche reste la même : identifier des personnages forts, dans un contexte sportif visuel et narratif intéressant. Peu importe la discipline, tant que l’histoire est là.

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