Les patrons de l’Audiovisuel extérieur de la France, Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent, ont défendu mercredi la réforme «lente et difficile» du secteur devant les députés dont plusieurs ont déploré, à droite comme à gauche, le manque de «visibilité». Mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008, la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF) regroupe Radio France Internationale (RFI), sa filiale arabophone Monte Carlo Doualiya, la chaîne d’information France 24 et, en partenariat, la chaîne francophone généraliste TV5Monde. La réforme de l’AEF a été «lente et difficile» mais elle est «terminée», et le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec l’Etat (2010-2013) est «sur le point d’être signé», a déclaré son P.-D.G., Alain de Pouzilhac, devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Le financement public va «monter en puissance» pour «intensifier les synergies» entre les trois sociétés, accroître le rayonnement mondial de France 24 et son nombre d’heures en langue arabe, développer le multimédia et, pour RFI, les langues véhiculaires africaines comme le swahili et le haoussa. Plusieurs députés ont regretté le manque de «visibilité» de France 24 dans le monde et notamment en Europe. «Sa présence est encore trop faible, y compris dans les chaînes d’hôtels françaises», a estimé Michel Herbillon (UMP), qui rappelle que la France consacre 300 millions d’euros par an à l’AEF. Bernard Debré (UMP) a fustigé les programmes de TV5Monde, «pas forcément intéressants». Christine Ockrent, directrice générale déléguée, a fait valoir que les concurrents étrangers (CNN, Voice of America …) étaient implantés depuis de longues années alors que France 24 n’a que 3 ans. Les 2 dirigeants ont été vivement critiqués par l’opposition sur le plan social supprimant 206 emplois sur un millier à RFI, dont 271 salariés veulent désormais partir, soit 69 de «trop».



































