Canada/ «Heated Rivalry» : la communauté gay ravie du succès retentissant d’une série sur le hockey

Canada/ «Heated Rivalry» : la communauté gay ravie du succès retentissant d’une série sur le hockey

Chronique de la romance clandestine entre deux joueurs professionnels de hockey sur glace, la série canadienne «Heated Rivalry» connaît un succès retentissant, pour le plus grand plaisir de la communauté gay au Canada, et de Kyle McCarthy. «Le hockey, c’était toute ma vie», confie cet homme de 32 ans qui a fait son coming-out à 19 ans et a abandonné sa passion, convaincu que le hockey -sport national au Canada- était incompatible avec son orientation sexuelle. Aujourd’hui, il se dit «très surpris» par le destin de «Heated Rivalry», lancée fin novembre au Canada et dont la popularité s’est envolée avec sa diffusion par la plateforme américaine HBO Max. Président d’une association LGBT+ de hockey, Ben Baby juge cette réussite «stupéfiante». A 43 ans, il explique avoir renoncé à jouer au hockey enfant parce qu’il savait «instinctivement» que cela «n’aurait pas été un espace sûr» pour lui dans sa petite ville de l’Ontario. Selon le magazine spécialisé Variety, la série qui aborde la relation secrète entre deux joueurs, un Canadien et un Russe, est la «plus grande surprise télévisuelle» de 2025. Au point que ses acteurs principaux, l’Américain Connor Storrie et le Canadien Hudson Williams, auparavant inconnus, ont foulé dimanche le tapis rouge des Golden Globes. «Nous n’avions quasiment aucune attente», a affirmé Connor Storrie, 25 ans, à Los Angeles. «Que la série marche aussi bien et qu’elle soit diffusée sur HBO, c’est surréaliste». «Heated Rivalry» est une adaptation d’ouvrages de l’autrice canadienne Rachel Reid. Dans le magazine Maclean’s, cette dernière a expliqué que ses romans étaient basés sur son «amour pour le hockey», mais aussi sur «une conscience des problèmes plus larges liés à la culture de ce sport». «J’ai beaucoup réfléchi aux difficultés auxquelles sont confrontés les joueurs professionnels non assumés», a-t-elle assuré. Ben Baby ne s’est mis au hockey qu’après avoir déménagé à Toronto à la fin des années 1990, où il a découvert la Toronto Gay Hockey Association (TGHA), qu’il préside désormais. Selon lui, ce sport a fait des progrès sur le plan de l’inclusion au cours des 20 dernières années, mais les avancées ont été inégales. Il cite en exemple le «fiasco» de la décision en 2023 de la Ligue professionnelle nord-américaine (LNH) d’interdire le ruban adhésif aux couleurs arc-en-ciel sur la crosse des joueurs. Face à la vague de critiques, la LNH a finalement reculé. Ben Baby reconnaît toutefois des efforts discrets de la part de la Ligue pour que les fans LGBT+ se sentent les bienvenus aux matches. Mais la LNH reste la seule des quatre grandes ligues professionnelles masculines nord-américaines à ne compter aucun joueur actif ou retraité ouvertement gay. Luke Prokop, qui est gay, a bien été sélectionné par une équipe de LNH en 2020 mais n’y a toujours pas joué. Pour Kyle McCarthy, l’absence de joueur ouvertement homosexuel dans la Ligue est due à des problèmes persistants dans la culture du hockey, qu’il qualifie de «toxique, homophobe». Dans un communiqué le mois dernier, la LNH a toutefois semblé apporter sa caution à «Heated Rivalry». «Il existe de nombreuses façons de devenir accro au hockey et, dans les 108 ans d’histoire de la LNH, (la série) pourrait être le vecteur le plus original pour fidéliser de nouveaux fans», a-t-elle assuré. Kyle McCarthy espère bien que «Heated Rivalry» va rendre le hockey plus accueillant pour la communauté LGBT+. Mais «je n’en suis pas certain», glisse-t-il.

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