L’ONU demande l’annulation de la condamnation de Jimmy Lai et sa libération immédiate

L’ONU demande l’annulation de la condamnation de Jimmy Lai et sa libération immédiate

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a demandé lundi l’annulation de la condamnation de l’ex-magnat des médias pro-démocratie Jimmy Lai à 20 ans de prison, demandant sa «libération immédiate pour des raisons humanitaires».

Ce verdict «illustre comment les dispositions vagues et excessivement larges de la loi hongkongaise sur la sécurité nationale peuvent être interprétées et appliquées en violation des obligations internationales de Hong Kong en matière de droits humains», a commenté Volker Türk, dans un communiqué. Il «doit être rapidement annulé car il est incompatible avec le droit international», a-t-il ajouté.

En outre, le Haut-Commissaire «demande la libération immédiate de Jimmy Lai pour des raisons humanitaires, compte tenu de son âge avancé, de son état de santé et de l’impact des plus de quatre années qu’il a déjà passées en détention».

La peine, prononcée malgré les pressions étrangères, est la plus lourde jamais infligée au titre de la loi sur la sécurité nationale imposée en 2020 par la Chine après les manifestations pro-démocratie, parfois violentes, qui avaient secoué l’année précédente le territoire rétrocédé par le Royaume-Uni en 1997.

Son fils Sebastien, inquiet comme tous ses supporteurs et ses proches pour la santé déclinante de son père âgé de 78 ans, s’est dit atterré dans un communiqué: «Condamner mon père à cette peine de prison draconienne est dévastateur pour notre famille et met sa vie en danger. Cela marque la destruction totale du système judiciaire de Hong Kong et la fin de la justice».

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU indique avoir examiné le verdict et «s’inquiète du fait qu’il criminalise l’exercice de la liberté d’expression, y compris la liberté de la presse, et de la liberté d’association, toutes deux protégées».

«Jimmy Lai est un éditeur qui a été condamné à 20 ans de prison pour avoir exercé des droits protégés par le droit international», a dénoncé M. Türk. L’homme d’affaires, reconnu coupable le 15 décembre, risquait la prison à vie. Le tribunal a englobé dans les 20 années d’emprisonnement deux années d’une peine déjà prononcée contre lui pour fraude, ce qui devrait signifier qu’il purgera de fait 18 années de plus.

Suite à l’introduction de la loi sur la sécurité nationale en 2020 et de l’ordonnance sur la sauvegarde de la sécurité nationale en 2024, «la liberté de la presse s’est fortement détériorée à Hong Kong», a critiqué lundi le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. «De nombreux médias indépendants ont fermé leurs portes, des dizaines de journalistes ont été arrêtés et les journalistes étrangers sont soumis à des politiques de visa et à des exigences d’accréditation plus strictes», a-t-il détaillé. «Cela s’inscrit dans une tendance répressive plus large à Hong Kong, où des centaines de personnes ont été arrêtées et poursuivies en vertu de ces lois», a insisté Volker Türk.

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