Un sommet à Lille pour ancrer l’IA dans le réel 

Un sommet à Lille pour ancrer l’IA dans le réel 

Après des dizaines de milliards d’euros d’investissements annoncés pour construire des méga-centres de données dans les Hauts-de-France, un sommet s’est tenu vendredi à Lille, consacré aux usages concrets de l’intelligence artificielle et à ses retombées sur l’ensemble de la société. Baptisé «L’IA avec nous», l’événement, organisé au sein de l’incubateur de start-up Euratechnologies, a accueilli près de 1.000 participants et une cinquantaine d’intervenants d’horizons divers : dirigeants d’entreprises, chercheurs, responsables politiques et représentants de la société civile. L’objectif du sommet et du festival qui a suivi dans la région (jusqu’au 19 juin) a été de déplacer le débat des infrastructures vers les retombées concrètes de l’IA dans la vie quotidienne, l’emploi, les services publics ou la formation. Au programme ont figuré des sessions plénières, des échanges avec des parents, enseignants, soignants et salariés, des rencontres économiques, des démonstrations et des retours d’expérience. «L’idée est de faire comprendre que l’IA n’est pas réservée aux seuls métiers de la tech», a expliqué Jean-Paul Mulot, conseiller régional chargé des relations internationales. La région a ainsi entendu montrer ce que les investissements promis dans les Hauts-de-France ont pu produire en matière d’emplois, de services ou de formation. Les discussions ont notamment porté sur l’industrie, la santé, l’éducation, la formation, la culture, mais aussi la souveraineté numérique européenne, l’éthique et la défense. Les Hauts-de-France ont cherché à s’imposer comme un pôle européen de l’intelligence artificielle, portés par une série de projets de centres de données de très grande puissance, aux coûts colossaux. Lors du sommet Choose France, début juin, le groupe japonais SoftBank a ainsi annoncé vouloir investir 45 milliards d’euros dans un premier temps, pour construire trois immenses centres de données dans les Hauts-de-France d’ici 2031. Depuis le sommet de Paris en 2025, «l’IA a continué à se développer en termes de capacités» et ses usages se sont largement diffusés, a souligné Anne Bouverot, coprésidente du Conseil national de l’intelligence artificielle, présente à Lille. L’objectif «est de regarder ce que concrètement ça donne et d’avoir quelque chose de moins théorique et de plus pragmatique», a-t-elle ajouté. Parmi les autres personnalités attendues ont figuré Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée du Numérique, Octave Klaba, PDG de l’entreprise française d’informatique dématérialisée OVHcloud, ainsi qu’Alexia Laroche-Joubert, directrice générale du groupe Banijay France, et Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail. Le sommet s’est conclu par une intervention en visioconférence d’Emmanuel Macron et du Premier ministre du Canada, Mark Carney. Les élus écologistes de la région ont également entendu peser dans les débats, soulevant notamment des questions sur la consommation énergétique des centres de données et les créations d’emplois réellement attendues. 

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