Des journalistes de médias turcs d’opposition ont exprimé leur colère jeudi après s’être vu refuser des demandes d’accréditation pour le sommet de l’Otan des 7 et 8 juillet prochain à Ankara, des refus opposés à la demande des autorités turques, selon l’Alliance.
Parmi ces médias figurent le quotidien Cumhuriyet, la chaîne de télévision Halk TV et le site en ligne indépendant T24, tous critiques de la politique du gouvernement islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.
«L’embargo de l’Otan à l’encontre des médias indépendants est inacceptable», a réagi l’Association des journalistes turcs, déjà confrontés depuis des années aux pressions des autorités.
Ces refus, également notifiés à des reporters indépendants, «empêchent les journalistes d’exercer leur métier et portent atteinte au droit du public à l’information», a dénoncé l’Association de la presse diplomatique turque, fustigeant «des pratiques discriminatoires».
Plusieurs des journalistes qui souhaitaient couvrir ce sommet, auquel doit notamment participer Donald Trump, ont diffusé sur X des captures d’écran de courriels reçus du service de presse de l’Otan, qui dit «ne pas être en mesure de détailler les motifs de cette décision définitive».
La porte-parole de l’Alliance atlantique Allison Hart a réagi ce jeudi 25 juin en affirmant que, «pour les sommets et réunions ministérielles organisés hors du siège de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord), l’Organisation s’en remet au pays hôte pour évaluer les journalistes issus de ce pays».
«Nous sommes en contact avec les autorités turques au sujet des accréditations», a-t-elle écrit sur X, soulignant qu’«il est très important pour l’Otan que les médias puissent assister aux événements majeurs» de l’Alliance.
L’ONG Reporters sans Frontières (RSF), qui classe la Turquie au 163e rang sur 180 pays dans son dernier classement mondial de la liberté de la presse, a jugé ces refus «inacceptables».
«Malheureusement, l’Otan – qui se présente comme une organisation de pays démocratiques – légitime de fait les pressions exercées sur les journalistes en Turquie», a déclaré l’avocat Veysel Ok, co-directeur de l’association de défense des droits MLSA.






























