L’INA veut créer d’ici 2020 un portail numérique

L’INA veut créer d’ici 2020 un portail numérique

Après la numérisation de ses millions d’heures d’archives, l’INA (Institut national de l’audiovisuel) veut créer d’ici 2020 un portail numérique pour encourager la consultation de ses archives et se rendre plus visible sur les réseaux sociaux. «Nous voulons donner aux archives une place dans le monde numérique, dans le décryptage de l’actualité. Il ne s’agit pas de quantité: la pertinence compte plus que l’abondance», souligne le président de l’INA Laurent Vallet, dans un entretien. «On va ouvrir le coffre-fort. Le site amiral redirigera chaque utilisateur selon l’offre qui lui correspond», explique-t-il. Déjà, les vidéos d’archives que l’institut sélectionne chaque jour pour son site ont séduit les réseaux sociaux. Via ses pages Facebook et sa vingtaine de chaînes YouTube, il a atteint 160 millions de vidéos vues en 2015, dont un tiers par Facebook. Pour mieux les diffuser, l’INA a aussi conclu des partenariats avec plus de 100 grands sites d’actualités. De plus, depuis le 1er septembre, il fournit à la nouvelle chaîne publique Franceinfo des séquences tirées de ses archives, montées et commentées, qui offrent un regard historique sur l’actualité. Il est aussi en discussion avec France Télévisions pour la future offre illimitée sur abonnement que souhaite lancer sa présidente Delphine Ernotte. «Notre offre pourrait faire partie d’une offre premium sur Pluzz» (le portail de replay de France Télévisons), explique M. Vallet. Depuis 1999, l’INA a mené un vaste programme de numérisation de ses 15 millions d’heures d’archives, un travail colossal qui doit être achevé d’ici 2020. «Une fois ces contenus disponibles, la prochaine étape consiste à les rendre accessibles», explique Laurent Vallet, qui dirige l’Institut chargé d’une part de conserver toute

la production audiovisuelle française publique et privée, au titre du «dépôt légal», et d’autre part de conserver et exploiter la production des radios et télévisions publiques. Avec ce portail numérique central, tous ceux qui veulent consulter les documents de l’INA ou s’inscrire à ses formations seront redirigés selon leurs besoins. Pour l’instant, la consultation des archives de l’INA est très encadrée. Celles conservées au titre du dépôt légal ne peuvent l’être que dans un but de recherche, par des étudiants ou des chercheurs, et uniquement sur des postes informatiques appartenant à l’INA. ll en existe quelques dizaines dans des médiathèques un peu partout en France.

40.000 heures d’archives gratuites :

Les archives des radios et télé publiques (1,5 million d’heures), dont l’INA possède des droits d’exploitation, ainsi que certains fonds qu’il gère pour des institutions ou des producteurs, sont eux consultables en ligne par les professionnels qui peuvent choisir et acheter des images (cinéastes, réalisateurs de documentaires…) sur le site www.inamediapro.com, créé en 2004. Depuis 2006, le grand public peut voir environ 400.000 contenus (75% vidéos et 25% audios) soit 45.000 heures d’archives gratuites sur le site ina.fr, financé par la publicité. En n sur inapremium, créé cette année, le grand public peut visionner des contenus en mode illimité sur abonnement (2,99 euros par mois). Pour simplifier ce foisonnement d’offres, l’INA compte sur son futur Hub, qui va notamment permettre la consultation en ligne des archives du dépôt légal, même si elle restera réservée aux chercheurs. Ce qui posera d’ailleurs des problèmes de sécurité, en raison de risques de piratage. Pour cela, il faudra que l’INA obtienne un changement de la loi de 1992, qui a spécifié que l’accès au dépôt légal ne devait s’effectuer que sur des postes de travail appartenant à l’Institut.

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