A. de COURCELLES (L’Equipe) : «Sur 2017, on se donne pour objectif d’atteindre 1,1 point d’audience»

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Meilleure année de son histoire pour la chaine L’Équipe avec 0,9% de part d’audience en 2016 soit +50% par rapport à l’année 2015. Tous les enjeux à venir en matière d’investissement, d’éditorial et d’ambitions nous sont détaillés par Arnaud de COURCELLES, Directeur du Pôle TV de L’Équipe. 

média+ : La chaîne L’Équipe termine 2016 en réalisant la meilleure audience annuelle de son histoire avec 0,9% de part d’audience. Est-ce le fruit de votre changement de positionnement ?

Arnaud de COURCELLES : Oui, exactement. Il s’agit d’un changement stratégique mis en place fin décembre 2015 et qui a été renforcé au cours de l’année 2016. Cette stratégie axée sur les événements sportifs – acquisitions de droits et traitement des compétitions dans nos émissions – a rapidement affiché des résultats en nette progression. Parmi les compétitions les plus fédératrices, le biathlon, qui a été le droit sportif déclencheur, qui a démontré que nous étions capables de faire du sport en gratuit. Au cours de l’année, la chaîne a également réalisé le record historique de la TNT HD avec la finale du Tournoi de Qualification Olympique de Volley avec 1,2 million de téléspectateurs en moyenne. Les courses à vélo sont aussi très consommées. Pendant l’Euro de Football, nous avons été en mesure de proposer des émissions autour des matchs qui atteignaient plus de 800.000 fidèles avec une concurrence assez loin derrière, contrairement à il y a deux ans. Sur 2017, nous nous sommes donnés pour objectif d’atteindre 1,1 point d’audience. Nous sommes plutôt confiants. Cela va dépendre des droits que nous allons conserver.

média+ : Face à la bataille des droits sportifs, comment L’Equipe se positionne-t-elle ?

Arnaud de COURCELLES : Cyril Linette (DG du Groupe L’Equipe) et moi-même, venons de la télévision payante, CANAL+. Sur le marché des droits, nous savons qu’il y a des compétitions génératrices d’abonnements comme la Ligue 1, le Top 14, la Formule 1 et la Ligue des Champions. Sachant qu’il est difficile de les acquérir, nous misons sur d’autres droits populaires et fédérateurs comme la pétanque, le championnat du monde de ski Freestyle, l’e-sport… 72% des Français ne sont pas abonnés à des chaînes payantes. C’est pourquoi, nous disons aux ayants droit que leur compétition sera portée par notre chaîne gratuite qui touche 98,5% du territoire français. L’Equipe s’inscrit clairement en complémentarité de ce qui existe sur le marché des chaînes de sports. Nous assumons totalement de ne pas entrer en concurrence avec les chaînes payantes.

média+ : Croyez-vous vraiment au e-sport à la TV ?

Arnaud de COURCELLES : Nous avons été précurseurs en diffusant à la fois en direct la finale de l’ESWC FIFA 17 en novembre 2016, et en proposant une émission hebdomadaire tous les vendredis en Prime. A présent, nous proposons spécifiquement des soirées spéciales sur l’e-sport. Il faut être capable de satisfaire un public assez jeune quand on est une chaîne de télévision comme la nôtre.

média+ : Sur quels sports comptez-vous vous déployer davantage ?

Arnaud de COURCELLES : Sur 2017, on rentre dans une année pleine dans la nouvelle stratégie à travers des acquisitions de droits importantes. Nous détenons toujours le biathlon qui a repris le 27 novembre et qui réalise 2 fois plus d’audience sur tous les critères, atteignant 480.000 téléspectateurs (contre 240.000 l’année dernière). Cette saison, nous aurons aussi plus de 120 jours de courses à vélos. Concernant les émissions, nous avons réussi à passer un cap, notamment avec «L’Équipe du Soir», en termes d’audience et d’impact. Sur l’Access, «L’Equipe Type» réalise deux fois d’audience en 1 an. Aujourd’hui, nous recevons des coups de fil de consultants qui souhaitent venir chez nous. Ces derniers mois, nous avons réussi à faire venir Guy Roux, Olivier Rouyer, Raymond Domenech.