Actu QUESTIONS – Blanche GUICHOU, Présidente de la commission Télévision de la PROCIREP

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C’est le 5 octobre prochain que seront remis les 26èmes Prix du producteur français de télévision, lors d’une cérémonie de remise diffusée en ligne depuis le Trianon. Rencontre avec Blanche GUICHOU, Présidente de la Commission Télévision de la PROCIREP.

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Les 26èmes Prix du Producteur Français de Télévision a été maintenu en ligne. Quelle est l’importance de cette distinction ?

Blanche GUICHOU

La cérémonie devait en effet se tenir au printemps. Mais avec le confinement, nous n’avions pas pu organiser cette manifestation. Il aurait été injuste de ne pas la tenir vis-à-vis de ceux qui étaient nommés. Notre objectif est de mettre en valeur les 15 sociétés de production sélectionnées. Ces dernières illustrent un panorama de la production indépendante. En animation, il y a 4 structures:  Autour de minuit, La Cabane Productions, Silex Films, Tchack (Aluma Productions). En documentaire, 6 sociétés nommées : Bellota Films, Hauteville Productions, Kuiv Productions, Ladybirds Films, Quark Productions, Zadig Productions. Et pour le Prix du producteur de télévision dans la catégorie Fiction, les 5 sociétés nommées sont : CPB Films, Haut et Court, Quad Drama, Storia Television et The Oligarchs Productions.

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En quoi sont-elles représentatives de la diversité de la production audiovisuelle française ?

Blanche GUICHOU

Chacune dans leur genre (animation, fiction et documentaire), nous avons «le meilleur de la production française». Elles ont une vraie capacité d’adaptation dans la période de mutation que nous vivons. Toutes les lignes sont en train de bouger, toutes les manières de produire s’adaptent et se réinventent. Les sociétés de production indépendantes montrent leur capacité d’invention et de développement de projets hors norme. Dans la Commission Télévision de la PROCIREP que j’ai l’honneur de présider, nous avons une partie du budget dédié aux développements. Et à chaque nouveau dossier, il y a des projets qui nous étonnent. Ce travail d’innovation, d’adaptabilité et de créativité, ce sont les indépendants qui le font. Il y a une grande urgence aujourd’hui puisque toutes les lignes, les partenaires et les équilibres financiers bougent. Dans un monde en mutation, cette capacité d’innovation dans la production de demain est bien présente. C’est ce que nous essayons de mettre en valeur de façon très modeste à travers ce Prix.

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Vous mettez en avant des producteurs indépendants à l’heure où les grands groupes audiovisuels rachètent des structures de production…

Blanche GUICHOU

Les indépendants ont beaucoup d’avenir. Mais ce n’est pas parce que les sociétés se regroupent qu’elles ne sont pas indépendantes. Il y a une logique très industrielle pour un certain type de productions qui se font à travers des groupes ayant de grosses capacités d’investissements. C’est la vision particulière d’un producteur indépendant que les grands groupes viennent chercher. Pour développer des projets plus lourds, le producteur indépendant a aussi besoin de s’appuyer sur un grand groupe. L’adaptabilité des producteurs doit aller dans tous les sens.

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La PROCIREP poursuit-elle son rôle d’accompagnement auprès des producteurs ?

Blanche GUICHOU

Oui, nous avons décidé d’aider les producteurs en accélérant les procédures de versement des aides. Nous avons continué à tenir régulièrement les Commissions d’aides à la création. Nous sommes aujourd’hui beaucoup plus souples sur les réglementations administratives. Les aides Sélectives Télévision en 2019 ont été de 7.600.000 € (PROCIREP) et de 1.900.000 € (ANGOA). En développement, nous aidons 3 projets sur 4, et en production documentaire, 1 projet sur 2 par rapport à ce que nous recevons.