Altice accepte une médiation du CSA dans le conflit qui l’oppose à Free

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Altice a accepté que le CSA serve de médiateur dans le conflit qui l’oppose à Free au sujet de l’accord de diffusion de ses chaînes, qui arrive à échéance mercredi, a indiqué mardi le régulateur. Reçus au CSA lundi, des dirigeants d’Altice ont accepté l’idée d’une médiation, a précisé Hervé Godechot, nouveau conseiller du CSA, en marge d’une conférence de presse. Altice France a confirmé mardi dans un communiqué que «les chaînes BFM/RMC acceptaient la médiation proposée par le CSA». Le groupe «constate que Free ne rejette plus le principe d’un accord global portant sur la distribution de ses chaînes en clair et de leurs services associés contre versement d’une rémunération, de même nature que ceux conclus avec les groupes TF1 et M6». «Dans ces conditions, les téléspectateurs et l’autorité de régulation seront informés de toute évolution dans les prochains jours», conclut Altice. Invités lundi également, les dirigeants de Free ne se sont pour leur part pas rendus au CSA et n’ont pas souhaité commenter cette proposition. Les 6,4 millions d’abonnés de l’opérateur continueront cependant à profiter mercredi de l’ensemble des chaînes de la TNT, a assuré Thomas Reynaud, le DG d’Iliad, maison mère de Free et donc des chaînes du groupe Altice (BFMTV, RMC Découverte, RMC Story). Un message continue toutefois d’interpeller les abonnés Freebox quand ils se branchent sur BFMTV, notamment: «BFMTV, RMC Découverte, RMC Story, BFM Business et leurs services associés pourraient ne plus être distribués à compter du 20 mars 2019 sur les box Free». Free n’était apparemment pas disposé à négocier mardi. Thomas Reynaud a souligné que le groupe de Xavier Niel n’avait «pas reçu de vraie proposition commerciale» de la part du groupe de Patrick Drahi concernant «les services à valeur ajoutée» (télévision en rattrapage, vidéo à la demande ou programmes en avant-première par exemple). L’ajout de ces services avait permis la résolution d’un conflit similaire début 2018. Les opérateurs télécoms et Canal+ d’un côté, et les chaînes privées TF1 et M6 de l’autre, s’étaient opposés concernant la diffusion des chaînes gratuites via les box des opérateurs. Les groupes audiovisuels estimaient qu’ils devaient être rémunérés pour les contenus diffusés. Les opérateurs avaient répondu que des chaînes gratuites ne pouvaient faire l’objet d’une rémunération, mais un accord avait finalement été trouvé entre les différents acteurs, après des interventions du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la ministre de la Culture, notamment grâce à la prise en compte de services dits «à valeur ajoutée». Free et Altice pourraient également saisir le CSA en «règlement de différend», a précisé le CSA, l’action étant compatible avec une demande de compensation devant le tribunal de commerce.