Arte : «burning out, dans le ventre de l’hôpital» mardi à 20h55

Arte : «burning out, dans le ventre de l’hôpital» mardi à 20h55

Convaincu que «le burn-out nous concerne tous», le réalisateur belge Jérôme Le Maire s’est immergé pendant deux ans dans les entrailles d’un hôpital parisien au bord de la rupture. Il en a tiré un documentaire fort et intime, diffusé pour la première fois mardi sur Arte. «Burning out, dans le ventre de l’hôpital», programmé mardi à 20H55, suit le quotidien des personnels de l’unité chirurgicale de Saint-Louis, l’un des plus grands établissements publics de la capitale.Fatigue, disputes allant jusqu’aux larmes sur fond de plannings qui débordent, collègues qui ne se connaissent plus et «perdent le sens» de leur travail… L’atmosphère est pesante au bloc, où s’enchaînent les opérations à un rythme effréné (huit à dix par jour dans chacune des 14 salles). Un audit sur l’organisation du travail est lancé par l’administration pour tenter de résoudre le problème, occasionnant débats houleux, puis déceptions… Mais plus que le malaise – maintes fois dénoncé – des soignants, ce sont les mécanismes à l’oeuvre derrière le burn-out et «ce qui se passe après la prise de conscience» que Jérôme Le Maire a voulu exposer. L’hôpital, bouleversé voire «déshumanisé» par les réformes et les plan d’économies successifs, reflète la gravité d’une «maladie» qui contamine jusqu’au médecin, explique-t-il. A l’origine de son projet, l’essai du philosophe belge Pascal Chabot, «Global burn-out». «J’étais fort intéressé par sa perception» du phénomène : «une pathologie de civilisation, le miroir de notre société» confrontée à la course à la rentabilité, à la performance, et non pas le «problème de celui qui est faible ou travaille trop». Dans le cadre de ses recherches, il accompagne le philosophe, invité à intervenir à Saint-Louis à la demande d’une anesthésiste touchée par son ouvrage (Marie-Christine Becq, très présente dans le film, et «sorte de lanceuse d’alerte»). «J’ai senti qu’il y avait une ambiance assez tendue» mais «un système prêt à se remettre en question», relate le cinéaste.

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