B. RICOU-BELLAN (Prime Video France) : «90% de nos productions maison sont pensées pour nos abonnés français avant tout»

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Un vent de créativité souffle sur Prime Video France, qui marque son rythme dans la production hexagonale. Neuf nouvelles créations Amazon Originals françaises ont été annoncées, mais aussi cinq acquisitions françaises et le lancement d’un film. Tour d’horizon de la stratégie mise en place par la plateforme de streaming avec Brigitte RICOU-BELLAN, Directrice générale de Prime Video France.

Prime Video offre une large collection de films, de séries, de documentaires et de sports. Quel est votre produit d’appel ?

Prime Video s’adresse à un public très diversifié, couvrant toutes tranches d’âge et centres d’intérêt. Nos formats de divertissement comme «LOL : qui rit sort !» ont su conquérir un public étendu, notamment chez les jeunes. De plus, nous misons beaucoup sur nos créations made in France, avec des succès notables comme le documentaire «Orelsan : Montre jamais ça à personne». Le film «Medellín» de Franck Gastambide, sorti le 2 juin, a été le deuxième meilleur lancement d’un film non anglophone sur Prime Video, numéro 1 dans 68 pays en un week-end ! En parallèle, nos franchises internationales, telles que «Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de Pouvoir» et «The Boys» sont des locomotives de fidélisation de nos abonnés à travers le monde. Pour finir, nous répondons à l’engouement du public pour le sport en proposant «Roland-Garros» jusqu’en 2027, inclus dans notre offre Prime, mais aussi la Ligue 1 et le football en général.

Que faut-il retenir des 16 prochains programmes français bientôt disponibles sur Prime Video ? Que révèlent-ils sur votre stratégie ?

Dans la mesure où nous voulons parler à l’ensemble de nos membres Amazon Prime français – donc à un large spectre d’audience -, nous nous devons d’avoir réelle diversité dans nos programmes. Neuf nouvelles productions françaises originales ont été annoncées parmi lesquelles «Le Stupéfiant Noël des Silestone», «Sulak», «Tigres et Hyènes», «Les Infaillibles», «Feuilleman» en développement, «TRASH», la nouvelle série documentaire sur Squeezie, «Popstars», «Comedy Class» ainsi que la deuxième saison de «Miskina, la pauvre». Difficile de nous enfermer dans une case. Nous ne voulons pas nous limiter à un créneau en particulier. Là où nous voulons nous différencier, c’est dans notre capacité à multiplier les propositions, en gardant pour fil conducteur l’audace et le goût de l’innovation. Voilà pourquoi nous avons également cinq nouvelles acquisitions françaises : «Numéro 10», «Sirènes», «Kali», «En Terrasse» et «Nudes» – ainsi que la deuxième saison de «Coeurs noirs». On souhaite enfin continuer sur cette belle lancée dans les programmes de flux avec le spin-off «LOL : qui crie, sort !», une déclinaison effrayante du format, qui sortira pour Halloween.

Vous décrivez Prime Video comme une « destination de divertissement » mondiale. Est-ce assez distinctif face à des concurrents directs tels que Netflix et Disney+ sur le marché français ?

Nous voulons offrir l’expérience de divertissement la plus complète. Depuis un an et demi, ce mouvement s’est accéléré, soutenu par le renforcement de nos équipes en France. Notre vision s’étend au-delà de Prime Video, englobant une vaste sélection de films en location ou à l’achat, ainsi qu’une myriade de chaînes maison et partenaires auxquelles nos abonnés sont libres de souscrire pour augmenter leur expérience Prime Video. De plus, nous proposons non seulement du sport, mais également des documentaires sportifs, comme «Strong», qui abordera la santé mentale des athlètes. L’abonnement Prime ne se limite pas à cela, c’est une offre complète de produits culturels et de divertissement, qui inclut le gaming avec Twitch, Amazon Music, un large catalogue de livres électroniques avec Kindle, et bien sûr la livraison rapide, notre marque de fabrique.

Quelle est la réception des contenus français à l’échelle internationale ?

Prime compte plus de 200 millions d’abonnés et Prime Video est disponible dans plus de 240 pays et territoires à travers le monde. Il s’agit d’une audience véritablement mondiale et extrêmement diversifiée. C’est une magnifique vitrine pour le rayonnement de notre savoir-faire et de l’esprit français dans le monde, grâce à une combinaison de talents à la fois devant et derrière la caméra. «Medellín», long-métrage tourné en Colombie atteint le top 10 d’une centaine de pays et numéro 2 aux États-Unis, une première pour un film français. Quelques jours après sa mise en ligne le 4 novembre dernier, «Overdose», le dernier polar d’Olivier Marchal est rapidement devenu le contenu Amazon Original non-anglophone le plus vu à travers le monde depuis la création de Prime Video. Ces grands succès internationaux demeurent une exception, mais on y travaille !

Initiez-vous des productions locales ou globales ?

90% de nos productions maison sont pensées pour nos abonnés français avant tout. Notre objectif, c’est que ces œuvres résonnent avec la société française. C’est une priorité pour nous ! Cependant, nous envisageons aussi, au cas par cas, des productions à potentiel international.

Votre soutien à l’industrie créative française est-elle en marche ?

Oui, c’est l’un de nos objectifs. Nous avons signé un accord fin 2022 avec les associations de producteurs et d’auteurs. Nous sommes l’un premiers acteurs internationaux à l’avoir fait. Prime Video s’engage notamment à des investissements mieux-disants que nos obligations réglementaires en matière de production française et indépendante, et de diversité de genres.  Nous aspirons à être un acteur positif de notre industrie.

Comment sélectionnez-vous les chaînes partenaires à intégrer à Prime Video Channels, comme FilmoTV, Mezzo ou Pass Warner ?

Depuis son lancement en 2020, notre service compte désormais 47 chaînes (contre 37 l’année précédente), ce qui nous distingue de nos concurrents et fait de nous un leader dans ce domaine. Nous sommes très ouverts à inclure des chaînes de niche. Les décisions sont prises en concertation avec nos partenaires, tout en prenant en compte des opportunités spécifiques, comme le Pass Warner qui propose du contenu exclusif HBO en partenariat avec Warner-Discovery. Il y a aussi des chaînes non exclusives comme Paramount+. Nos clients peuvent s’y abonner sans engagement.

Quelles sont vos ambitions pour le développement de Prime Video en France ?

Nous voulons continuer à élargir notre offre, bien au-delà de Prime Video. Nous prévoyons des investissements significatifs dans le cinéma et l’audiovisuel. Nous souhaitons proposer aussi bien des blockbusters que des paris créatifs avec des talents émergents. Il s’agit pour nous d’un savant mélange pour équilibrer et marquer l’identité de notre proposition éditoriale. Nous voulons adopter l’approche la plus variée possible, tout en étant fortement engagés dans la création française. Nous avons un profond respect pour les créateurs et aspirons à être un moteur d’innovation, toujours à la pointe. Tout en nous inscrivant dans l’exception culturelle française, nous demandons, pour certains de nos films, plus de flexibilité sur les fenêtres de diffusion dans la chronologie des médias.